"Nous étions allés en Ukraine pour trouver des développeurs" (Emilie Le Goff, Troops / French Tech Onelse)
La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes

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Les startups lyonnaises qui sont nées au cours des deux dernières années auront traversé deux épisodes inédits : la crise sanitaire d'une part, mais aussi les conséquences qui commencent à émerger de la guerre en Ukraine.
Et si la crise Covid aura plutôt eu tendance à faire émerger un vent de digitalisation "propice" aux jeunes pousses, soit "une accélération de 3 à 5 ans de la digitalisation" dans plusieurs applications, les impacts de l'invasion russe qui se poursuit actuellement aux portes de l'Europe font quant à elles peser de plus lourdes inquiétudes pour certaines jeunes pousses.
A commencer par Troops, la startup d'Emilie Le Goff, un éditeur de logiciels spécialisé dans les fonctions RH et l'intérim, dont près d'un tiers de ses effectifs sont habituellement basés en Ukraine.
"Nous étions allés chercher des compétences en Ukraine, et notamment des développeurs, car nous sommes en pénurie sur notre territoire. Nous étions allés à la fois à Barcelone, à Berlin mais aussi en Ukraine, car il existait justement beaucoup de compétences dans ce domaine", ajoute Emilie Le Goff.
Pour l'heure, les impacts de ce conflit pour les startups sont encore divers car ils dépendent en premier lieu de l'existence ou non, d'équipes ou d'activités sur place, estime celle qui se pose aussi comme la co-présidente de French Tech Onelse.
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Sur la scène des startups, un tout autre défi de souveraineté, lui aussi, demeure : celui de faire émerger des licornes françaises, conformément à la feuille de route accordée à la mission French Tech depuis sa création en 2013. Presque dix années plus tard, si l'échelon national a déjà devancé son objectif en dénombrant désormais 26 licornes, ce n'est pas vraiment le cas en région, où les écosystèmes locaux peinent à franchir le cap.
Lyon a su démontrer ses atouts, avec la présence de très grosses levées de fonds (Agicap), et en se positionnant aussi, à travers la Région Auvergne Rhône-Alpes, comme le second écosystème après Paris au sein du dernier classement FT120/Next40, qui résonne un peu comme le CAC40 des startups (avec des lauréats comme LumApps, Agicap, Amolyt Pharma, le réseau social Mym). Mais que lui manque-t-il ?
Une chose est certaine pour Emilie Le Goff : la crise sanitaire aura très certainement surfé sur un vent d'exode urbain, partant du coeur des grandes métropoles comme Paris vers les villes moyennes et métropoles de province comme Lyon. A travers l'adoption du mode de visioconférence durant cette période également, elle estime que cette crise aura aussi permis aux investisseurs d'aller voir se qui se passe en région, et aux lyonnais de jouer dans la même cour que les parisiens.
Alors qu'on parle souvent de l'écueil du financement, les jeunes pousses lyonnaises auront tout de même levé 230 millions en 2021 au sein de 59 opérations (contre 67 millions et 44 opérations en 2019). Plus que l'argent, Emilie Le Goff pointe la question du recrutement qui demeure comme l'un des freins majeurs.
Pour rappel, le groupe La Tribune et BFM Lyon s'unissent depuis cette rentrée pour vous proposer, à travers l'émission Lyon Business (tous les mardis à 17h45), l'interview d'un décideur de l'économie lyonnaise au coeur de l'actualité.
Une occasion de décrypter ensemble les enjeux des dossiers et tendances de l'économie locale, animée par Elodie Poyade pour BFM Lyon et Marie Lyan pour le bureau Auvergne Rhône-Alpes du journal La Tribune.
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Une émission à retrouver en direct et en replay sur la chaîne BFM Lyon, disponible sur le canal 30 de la TNT et sur les chaines 479 (box SFR), 360 (Orange), 315 (Bouygues) et 915 (Free), ainsi que sur le bureau Auvergne Rhône-Alpes de La Tribune.
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