Nouveaux ciments, impression 3D : les paris du cimentier Vicat pour produire du béton plus vert
Stéphanie Gallo Triouleyre
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
L'impression 3D pourrait permettre de réaliser une économie de béton allant jusqu'à 70% par rapport à un coulage traditionnel.
Benoit Gillardeau
Alors que s'ouvre la semaine européenne du développement durable (SEDD), le dernier cimentier français indépendant, Vicat, multiplie les initiatives pour atteindre son objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Même si la route est encore longue pour l'une des industries les plus émettrices de CO2, le groupe vient de présenter deux nouveautés : un nouveau liant innovant, qualifié de puits de carbone, et une stratégie de développement dans l’impression 3D.
Le groupe cimentier rhônalpin Vicat (9.500 salariés et un CA de 3,1 milliards d'euros) s'est fixé un cap : atteindre la neutralité carbone sur sa chaîne de valeur à l'horizon 2050. Un objectif ambitieux, pour un acteur majeur d'un des secteurs industriels les plus émetteurs de CO2. Pour atteindre cet objectif, Vicat doit donc explorer de nombreuses pistes.
Certaines touchent au sujet de l'énergie, comme les projets majeurs de Vicat autour de l'hydrogène vert par exemple (Genvia et Hynovi), d'autres à la valorisation de ses émissions de CO2 issues de son process de production (par exemple, la technologie Carbon8 systems installée depuis 2020 sur son usine iséroise de Montalieu-Vercieu, permettant de capter le CO2 directement dans ses cheminées pour le stocker dans des granulats commercialisables ou encore, sur le même site, la valorisation de la chaleur fatale de ses fours pour cultiver, sur place, des micro-algues).
D'autres, encore, sont directement liées à son cœur d'activité avec le développement de produits moins carbonés. Car depuis quelques mois, Vicat semble accélérer fortement sur ce sujet, avec un axe de travail tout particulièrement mis sur le lancement de ciments et bétons innovants.
Un nouveau béton très bas carbone
Il y a un an, Vicat avait présenté son projet Argilor soutenu par le plan France Relance (13 millions d'euros) consistant à produire, dès 2023, sur son usine de Lorraine une nouvelle argile activée destinée à fabriquer des ciments bas carbone (réduction de 48.500 tonnes de CO2 chaque année, soit 16% des émissions de ce site).
Vicat vient de dévoiler un liant très innovant et « puits de carbone », codéveloppé avec l'entreprise familiale Soler (Aube). Il s'agit, selon le cimentier français, du premier lien carbo-négatif permettant d'obtenir des bétons très bas carbone, avec une réduction de près de 90% de l'empreinte carbone par m3 de béton.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Grâce à une composition réduite en clinker (fortement pourvoyeur de CO2) et enrichie en matière biosourcée (du biochar, reconnue dans le dernier rapport du GIEC pour fixer durablement le carbone et fabriqué à partir de résidus forestiers et agricoles), ce liant affiche un bilan carbone correspondant à un niveau d'émissions nettes négatif de -15 eq CO2 par tonne. Parfaitement dans la ligne de la RE2020 donc, encourageant le stockage durable du carbone biogénique dans les bâtiments.