L'isérois Lynred (ex Sofradir) vient de toper avec l’Agence spatiale européenne (ESA) pour le développement de nouveaux détecteurs infrarouge de haute performance, destinés aux satellites Sentinel 2 Nouvelle Génération. Le défi est technologique et industriel.L'isérois Lynred vient d'être retenu par l'ESA, l'Agence Spatiale Européenne, pour équiper de détecteurs infrarouges les futurs satellites Sentinel-2 NG du programme Copernicus, programme de surveillance de l'environnement (végétations, zones côtières, fleuves, catastrophes naturelles etc).
Ce n'est pas la première fois que cette filiale des groupes Thales et Safran, implantée à Veurey-Voroize près de Grenoble, collabore avec l'agence spatiale dans le cadre de Copernicus. Lynred (et sa branche Sofradir à l'époque) avait déjà équipé les deux premiers satellites Sentinel- 2 lancés en 2015 et 2017. Le lancement du troisième satellite Sentinel-2, toujours munis de capteurs Lynred, est annoncé pour la fin de l'année et le quatrième, probablement en 2025.
Un défi technologique et un défi industriel
Ce nouveau contrat que vient de valider l'ESA concerne une nouvelle étape, une nouvelle génération de satellites plus performants, dont l'horizon de lancement est envisagé pour 2030.
« Nous avons été sélectionnés pour développer un détecteur infrarouge multispectral plus performant que le précédent. La résolution au sol sera plus élevée, 10 mètres au lieu de 20 mètres sur la précédente génération, ce qui signifie que le nombre de pixels sera deux fois plus important sur le plan focal pour obtenir la même fauchée. L'observation pourra ainsi être beaucoup plus précise. Par ailleurs, nous aurons cinq ou six bandes spectrales au lieu de trois. Aujourd'hui, le détecteur idéal demandé dans le cadre de Sentinel-2 NG n'existe pas sur le marché », détaille Philippe Chorier, responsable du développement des affaires spatiales, précisant que chaque satellite sera équipé d'une dizaine de détecteurs.
Sur cet appel d'offres, Lynred était en concurrence avec plusieurs acteurs européens.
Le prototype devrait être prêt courant 2026. Pour mener à bien ce nouveau contrat (dont le montant n'est pas dévoilé), Lynred va devoir relever deux challenges. Le premier est technique, puisque le nouvel équipement devra être sensiblement plus performant que ses prédécesseurs. Le second est industriel, puisqu'après la phase de pré-développement, arrivera celle de l'industrialisation.
« Pour Sentinel-2 NG, nous devrons produire le même nombreau moins autant de détecteurs que sur Sentinel 2, mais en deux fois moins de temps. Ce sera forcément un défi. Nous devons nous mettre en phase avec une exigence de délai relevant presque du NewSpace, mais avec une très haute exigence de qualité et de performance », poursuit le responsable des affaires spatiales.
Stéphanie Gallo Triouleyre