A quelques kilomètres de Grenoble, la filiale de Safran et Thales, Lynred (1.100 salariés) poursuit son petit bout de chemin. Alors que le marché de la Défense représente encore 40% de son chiffre d'affaires (sur un total de 232 millions d'euros enregistrés en 2021), la société basée à Veurey-Voroise (Isère) a vu ses imageurs infrarouges mis en lumière durant la crise Covid, par des applications très demandées à destination des caméras thermiques, installées dans les aéroports notamment.
Finalement, cette application aura généré une croissance des ventes de +30% de ce segment, notamment à l'export, mais elle n'aura pas franchi le seuil de l'année 2021. Mais elle illustre bien le parti pris de la société, née de la fusion entre la startup Ulis et le groupe Sofradir en 2019, de se rechercher de nouveaux axes de diversification afin de « démocratiser » les usages de l'infrarouge.
Alors que ce projet est toujours en cours, Lynred planche également sur d'autres travaux, impliquant cette fois le monde de l'automobile. « Nous travaillons sur le domaine des dispositifs de freinage automatique d'urgence (ou freinage autonome d'urgence, sigle AEB), qui s'appuyaient jusqu'ici principalement sur les voies visibles et des radars, et se montraient peu performants dans des conditions de nuit ou de brouillard », explique David Billon-Lanfrey, directeur de la stratégie chez Lynred.
Alors qu'une caméra visible peut ainsi détecter un piéton ou un objet à une distance de 20 à 30 mètres, la détection thermique est en capacité d'élargir ce champ à une distance allant jusqu'à 150 à 300 mètres. Elle pourrait même servir à identifier un être vivant (cycliste, cerf, sanglier, etc) à une distance de 100 à 200 mètres, souligne l'ETI iséroise.