C'est un pas stratégique qu'est en train d'opérer HEF (320 millions d'euros de chiffre d'affaires ; 3.200 salariés ; 90 sites dans 21 pays ; capital détenu aux deux tiers par les salariés et pour un tiers par la famille de son fondateur). Si l'industriel exploite plusieurs technologies - notamment le dépôt sous-vide comme dans sa nouvelle usine stéphanoise de traitement de surface des piles à combustible, les composants de frottement, les poudres fonctionnalisées et le laser -, son savoir-faire historique sur la nitruration liquide reste l'une des composantes majeures de son business model depuis plus de 60 ans.
Mais de quoi parle-t-on exactement ? La nitruration liquide, aussi appelée procédé des « bains de sels », consiste à plonger des pièces métalliques dans des mélanges composés d'eau et de sels minéraux fondus à plusieurs centaines de degrés. A l'état liquide, la décomposition atomique de ces sels libère des atomes d'azote qui s'incorporent à la surface des matériaux traités. Cette couche qu'on dit « nitrurée » permet de protéger ces derniers contre la rouille et la corrosion. Avec des applications notamment dans l'industrie automobile, l'une des premières clientes d'HEF.
« Jusqu'ici, après utilisation, les sels de nitruration étaient évacués comme déchets et partaient à l'enfouissement pour la plupart. L'eau utilisée était, elle, orientée vers les stations d'épuration. Désormais, nous n'aurons plus de déchets de sel puisque nous les réutiliserons en intégralité, et l'eau sera elle aussi captée en circuit fermé »,explique Jérémy Thévenon, responsable de la sécurité industrielle et de la politique environnementale de HEF, pilote du déploiement des green centers.
Deux ans de R&D ont été nécessaires pour parvenir à ce résultat. Une R&D soutenue par l'ADEME qui avait intégré HEF dans son accélérateur « Décarbonation industrielle » en 2022.