Deux industriels grenoblois et un laboratoire de recherche stéphanois lancent un projet de recherche soutenu par France 2030. Il s’agit de développer une plateforme industrielle embarquant l’intelligence artificielle (IA) frugale dans des objets connectés autosuffisants en énergie.Quelque 18,8 milliards d'objets connectés seraient actuellement en service à travers la planète. Leur nombre pourrait atteindre 40 milliards d'ici 2030, selon le rapport « State of IoT Summer 2024 » (IoT Analytics). Si leur déploiement permet de démultiplier les capacités de collecte de données, l'analyse de celles-ci par l'intelligence artificielle soulève, elle, un certain nombre de problématiques.
La majorité de ces données ne sont en effet pas traitées directement par ces IoT mais envoyées vers des data centers, là où la puissance est suffisante pour exécuter les algorithmes. Avec à la clé, des risques de saturation de la bande passante et une concentration excessive de la consommation de ressources autour de ces serveurs.
Conjuguer IA frugale et autonomie énergétique
Un consortium de partenaires industriels et universitaires de la région Auvergne-Rhône-Alpes a décidé de s'attaquer à ce problème. Son objectif : développer une plateforme industrielle permettant de rendre les objets connectés à la fois intelligents et autonomes en énergie.
Le projet, baptisé GreenAI, fédère la deeptech drômoise Dracula Technologies (modules photovoltaïques organiques destinés aux objets connectés nécessitant des faibles puissances énergétiques ; 800.000 euros de chiffre d'affaires en 2024 pour 38 salariés), l'entreprise Asygn (concepteur de puces électroniques basse consommation ; 4 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024 pour 51 salariés), et le laboratoire Hubert Curien de l'Université Jean Monnet à Saint-Etienne. Le projet est également suivi de près par STMicroeletronics, sans qu'il participe officiellement au projet GreenAI.
« Avec la croissance extrêmement forte des objets connectés, il est nécessaire de décentraliser le traitement des données et d'intégrer l'IA directement dans les dispositifs. Sauf que les objets connectés disposent de ressources limitées, notamment en énergie. Notre défi est de réussir à intégrer de l'IA frugale dans des IoT avec une consommation énergétique minimale », résume Adrien Vialletelle, ingénieur pour Asygn.
Stéphanie Gallo Triouleyre