Sidérurgie : Clecim innove en détectant les défauts de l’acier avec l’intelligence artificielle
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Le nouveau système d'inspection de surface permettra de détecter les défauts critiques sur les feuilles d'acier qui peuvent défiler jusqu'à 100 km/h, et dont la détection à l'œil nu est complexe.
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Le fabricant ligérien de lignes de production pour la sidérurgie, Clecim, qui exporte 80% de son chiffre d'affaires (avec des clients comme Arcelor et Tata), a opéré une véritable révolution depuis sa reprise, il y a un an, par le fonds d'investissement allemand Mutares. Révolution organisationnelle, économique mais aussi technique... Il vient de livrer deux prototypes chez des grands sidérurgistes européens de son nouveau système d’inspection des feuilles d’acier reposant sur l’intelligence artificielle, et qui pourrait représenter un marché évalué entre 5 et 10 millions d'euros.
Avec 80% de son chiffre d'affaires réalisé à l'export et des clients majeurs de l'industrie sidérurgique (Arcelor et Tata notamment), il est l'un des acteurs qui comptent sur le marché mondial de la fabrication de lignes de production pour la sidérurgie (laminoirs et parachèvement des tôles).
Et pourtant, l'industriel ligérien créé en 1917 - fruit du conglomérat Creusot Loire avant de devenir la propriété de VAI, Siemens, puis de Primetals France (filiale de Mitsubishi)-, perdait chaque année, depuis plus d'une décennie, environ 10 millions d'euros. Mais ça c'était avant.
Avant sa reprise, il y a un an, par le fonds d'investissement allemand Mutares, spécialisé dans les retournements d'entreprises en difficulté. Le chiffre d'affaires de l'entreprise (rebaptisée Clecim, son nom historique) est passé de 32 millions d'euros en 2021 à un prévisionnel de 60 millions d'euros cette année, dont 90% sont déjà assurés et à un carnet de commandes de plus de 90 millions d'euros. Et surtout, l'entreprise a retrouvé, depuis six mois, l'équilibre financier.
Une méthode express qui s'est traduite par une restructuration de l'entreprise et de ses coûts, avec le départ d'une cinquantaine de salariés sur les 256 que comptait la structure (sans PSE) mais aussi par la refonte du business model.
Un plan en 100 jours
« Nous avons suivi un plan précis », explique Thomas Comte, Ceo de Clecim nommé par Mutares.« Nous nous sommes fixés 100 jours pour définir un nouveau business model, accompagné par les experts de Mutares. Puis nous avons mis en œuvre ce plan. Nous avons réduit les coûts de structure sans perdre de compétences et nous avons repositionné l'entreprise en mettant en place quatre pôles d'activité distincts, afin de dérisquer notre business ».
Clecim ne se concentre plus désormais uniquement sur son cœur d'activité historique, la construction de lignes de production pour la sidérurgie (avec les investissements massifs associés et des cycles économiques très marqués), mais veut développer une activité machines spéciales. Pour la sidérurgie mais aussi pour d'autres industries comme l'automobile, la construction, la défense, etc.
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« Et puis, nous avons des ambitions fortes sur le nouveau pôle services : les pièces de rechange, la maintenance, etc. Il s'agit d'une vraie révolution culturelle pour l'entreprise. Cette entreprise était une véritable pépite, il fallait la réorganiser et la repositionner ».