Covid-19 : En Auvergne-Rhône-Alpes, un collectif lance la production de masques réutilisables 100 fois
Stéphanie Borg à Lyon, Marie Lyan à Grenoble, Sonia Reyne à Clermont-Ferrand

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, monté par plusieurs industriels et chercheurs du bassin grenoblois pour unir leurs forces dans la lutte contre le Covid19, a annoncé avoir finalisé le développement et lancé la production d'une première série de 5 000 nouveaux masques réutilisables.Ces masques, de type FM (Face Mask) P1 ou P2, comprennent à la fois une face souple, muni d'élastiques pour leur maintien, ainsi qu'un filtre amovible, lui-même réutilisable jusqu'à 20 fois avant de pouvoir être lavé.
Recouvrant la bouche, le nez et le menton, ce nouveau prototype "Ocov", qui s'appuie sur un design déposé par le CEA, affiche un taux de fuite requis par la norme FM, qui est lui-même 5 fois inférieur à la norme FF (<2% pour FM et <8% pour les filtres FF).
S'il ne constitue pas encore une alternative définitive aux protection FFP2 utilisées par les professionnels de la santé, il représente de sérieuses avancées en matière de développement durable pour un masque réutilisable et pérenne, puisqu'il ne se périme plus. D'autant que sa production régionale - par exemple, la partie plastique est assurées par trois acteurs de la plasturgie régionale, dont le géant ARaymond à Grenoble et le textile à Lyon - limite l'impact carbone de la production.
Néanmoins, des discussions seraient encore en cours avec les autorités de santé afin de savoir quels seraient les professionnels pouvant utiliser ces nouveaux masques, jusqu'au sein du milieu de la santé : des structures comme le CHU Grenoble-Alpes, l'ARS d'Auvergne Rhône-Alpes ainsi que l'Ordre des médecins ayant été associés à ce projet dès la phase amont.
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Développé sous l'impulsion du collectif grenoblois VOC-COV, ce nouveau prototype a notamment vu le jour "en seulement trois semaines" grâce à la collaboration des équipes du CEA Grenoble associées à l'industriel Michelin, dont le siège est basé à Clermont-Ferrand.
La phase d'industrialisation, de conformité et de commercialisation est quant à elle confiée à la PME lyonnaise spécialisée dans les équipements de protection individuelle biologique et chimique, Ouvry. L'entreprise d'une centaine de salariés (chiffre d'affaires compris entre 10 et 20 millions d'euros selon son dirigeant) intervient depuis quinze ans sur le marché de la défense, de la sécurité civile et de l'intervention d'urgence.
Depuis le début de la crise, la PME s'est lancée dans la production de masques textiles pour ses clients, sur la base de nombreux rapports d'essais dont elle dispose. Elle en a déjà produit 50 000 et devrait atteindre les 100 000 exemplaires d'ici à la fin du mois d'avril. Avec ce nouveau masque, sa "contribution et sa mobilisation prennent une autre dimension". D'autant que la PME pourrait capitaliser sur cette expérience pour produire, après la crise, un masque modulaire qui s'adapterait à différents usages.
Si les premières pièces sont attendues dès la semaine prochaine, les partenaires se fixent comme objectif une production d'1 million d'unités par semaine d'ici la fin mai, pour grimper à 5 millions à la fin juin.
D'après les calculs du collectif, l'atteinte de ce chiffre à la fin juin permettrait de d'obtenir "l'équivalent de 500 millions de masques jetables actuels", chaque masque étant livré avec cinq filtres, offrant une capacité totale de 100 réutilisations.
Avec un tarif grand public annoncé à 28 euros - même si pour le moment la commercialisation auprès du grand public n'est pas prioritaire -, le coût de revient de ce masque serait ainsi de 28 centimes par utilisation estime l'industriel. Sachant que sur de plus grandes quantités (destinées aux grands comptes, institutionnels, etc), "nous aurons un autre référentiel de prix. Nous réservons en effet aujourd'hui nos masques pour les commandes du secteur public (santé, sapeurs-pompiers..), du secteur de la défense, et pour les sociétés vitales pour la continuité d'activité en France", ajoute le CEA.
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Bien que des certifications soient encore en cours, ses instigateurs penchent sur le fait que ce type de masque puisse être également un outil supplémentaire en vue du déconfinement à venir. Près de 130 000 réservations auraient déjà été réalisées. Pour l'heure, Michelin a d'ores et déjà annoncé qu'il offrirait une partie des masques commandés aux Agences régionales de santé.
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