Un institut de recherche pour l'aviation durable va voir le jour à Toulouse

Florine Galéron
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Airbus a annoncé un avion à hydrogène pour 2035.
Airbus

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Airbus a annoncé un avion à hydrogène pour 2035.
Airbus
"La crise du Covid a montré la fragilité de l'écosystème économique de Toulouse", lance Marc Ivaldi, enseignant à Toulouse School of Economics (TSE) et directeur d'études à l'EHESS. Face à la plus grande crise de l'histoire du transport aérien, la Ville rose a beaucoup souffert de sa dépendance au secteur aéronautique. À tel point que certains ont craint que Toulouse connaisse le même destin que Détroit aux États-Unis lors de la crise automobile.
L'ampleur du choc a donné l'idée à des chercheurs toulousains de créer l'Institute for sustainable aviation (ISA). Comme son nom l'indique, cet institut de recherche, qui sera officiellement lancé fin 2021, a vocation à réunir des scientifiques de plusieurs disciplines pour réfléchir à une aviation durable. Parmi les premiers établissements partenaires figurent l'Isae-Supaero TSE, l'Enac, l'Université de Toulouse, TBS, Météo-France et le Cerfacs. Mais des équipes venues des sciences sociales et politiques pourraient rejoindre le mouvement ainsi que des laboratoires d'autres métropoles françaises et européennes. "Un tel institut n'existe pas. Bien sûr en Europe, des institutions académiques étudient la question de l'aviation durable sous l'angle des sciences exactes. Par exemple, à Manchester des climatologues travaillent sur le sujet avec des partenaires industriels. L'originalité de l'Institute for sustainable aviation, c'est d'imaginer comment les briques technologiques s'insèrent dans un système global et de sortir de la logique de recherche en silos", fait valoir Laurent Joly, directeur adjoint de la recherche au sein de l'Isae-Supaero et chargé de piloter l'ISA.
Neuf thématiques de recherche ont déjà été identifiées.
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Autre enjeu : l'avenir des SAF (carburants d'aviation durable). Actuellement, leur disponibilité est insuffisante pour couvrir tous les besoins du transport aérien. "Le mélange de carburant biosourcés avec du kérosène est en train d'être intégré par les motoristes, mais cela pose évidemment des problèmes beaucoup plus vastes. Il ne faudrait pas qu'il y ait une sorte de déplacement du problème environnemental en diminuant l'impact en vol de l'avion, mais en mettant en compétition la fourniture de carburant avec d'autres usages des sols", commente Laurent Joly.
Florine Galéron