Hyperloop TT à Toulouse : "Nous annoncerons la première ligne commerciale dans six mois"

Florine Galéron

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Hyperloop TT // Pierrick Merlet

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Hyperloop TT // Pierrick Merlet
À Toulouse, on a plutôt l'habitude de voir défiler sur les routes des convois exceptionnels de tronçons d'avions. Ce mercredi 11 avril, ce sont des tubes de la future piste d'essais d'Hyperloop TT qui ont été aperçus à Mondonville en transit vers l'ancienne base militaire de Francazal où la société californienne établit son centre européen de R&D promettant d'investir 40 millions de dollars en cing ans.
(Crédit : Pierrick Merlet/La Tribune).
Comme le révélait La Tribune dès le 26 mars dernier, le conseil de Toulouse Métropole doit examiner ce jeudi 12 avril une délibération portant sur un bail à construction conclu entre la société HTT, l'État et la Métropole. Le terrain est mis à disposition pour 600 000 euros en vue de "la reconversion de l'ancien mess des sous-officiers de 2560 m2 de Francazal en un centre de recherche et développement ainsi que d'une partie de la voie royale, qui dessert l'ensemble du site et accueillera les pylônes supportant le tube de la piste d'essais".
Dans un entretien exclusif pour La Tribune Toulouse, Dirk Ahlborn, PDG de Hyperloop TT précise aujourd'hui que "les tubes qui arrivent en ce moment à Francazal vont servir à la construction dès cette année d'une première piste de 320 mètres de long au sol et qu'une deuxième d'un kilomètre de long sur des pylônes à 5,8 mètres de hauteur entrera en service courant 2019".
Pourquoi deux pistes ? Déjà parce qu'avant d'expérimenter ce mode de transport futuriste (imaginé par Elon Musk, le concept d'hyperloop vise à transporter des capsules de passagers à plus de 1200 km/h par lévitation magnétique dans un tube sous vide), le site d'HTT va faire l'objet d'importants travaux de dépollution. Il faudra désamianter l'ancien mess des officiers et vérifier la pollution des sols en hydrocarbures (dépollution chimique). Par ailleurs, la dépollution dite pyrotechnique doit permettre de détecter de potentielles bombes datant de la Seconde guerre mondiale. La dépollution chimique sera prise en charge par l'État, un marché est en cours pour désigner le prestataire.
"De son côté, Toulouse Métropole va assurer la maîtrise d'ouvrage de la dépollution pyrotechnique et les sommes viendront en déduction du prix d'acquisition du terrain faisant l'objet de la convention tripartite entre HTT, l'État et Toulouse Métropole. Nous attendons les autorisations préalables de l'État", nous indiquait fin mars Dominique Faure, vice-présidente de Toulouse Métropole en charge du développement économique. Aucun montant de ces travaux de dépollution n'est pour le moment divulgué. "Ils devraient intervenir dans le courant de l'été 2018 afin que la construction de la piste d'essais (suspendue aux pylônes, ndlr) puisse démarrer à l'automne", ajoute-t-elle.
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Mais Dirk Ahlborn minimise l'impact de ces travaux : "Nous savions que l'Europe a une longue histoire marquée par les guerres, Francazal est en plus un aéroport. Mais ce n'est pas si terrible. Nous avons décidé de poser les tubes à terre pour avancer sur le projet et commencer la construction de la piste d'essais. Cela ne nous coûte pas tant que ça". Par ailleurs, le dirigeant assure que lorsque la société aura deux pistes à disposition cela permettra de réaliser "des tests différents sur chaque piste".
L'alimentation de la piste d'essais se fera à terme par des panneaux photovoltaïques positionnés au dessus du tube. À son extrémité sera installée une plateforme de chargement des "capsules".
Tube d'HTT en transit vers Francazal (Crédit: Pierrick Merlet/La Tribune).
Le dirigeant avance un calendrier de mise en service : "Nous espérons livrer la capsule (fabriquée actuellement en Espagne par la société Carbures) à Toulouse pour le mois de juillet prochain où elle sera intégrée à la piste et pleinement optimisée. Nous annoncerons le lieu de notre première ligne commerciale dans six mois".
La ligne Toulouse-Montpellier en hyperloop, ce n'est donc pas pour tout de suite.
Par ailleurs, alors qu'Elon Musk a annoncé il y a quelques jours sur Twitter qu'un essai d'une capsule hyperloop propulsée à 600 km/h, soit la moitié de la vitesse du son aurait bientôt lieu, HTT n'a pas encore fixé la vitesse à laquelle transiteront ses capsules : "Nous ne pouvons pas savoir tant que nous n'avons pas réalisé les tests mais j'estime que la vitesse pourra aller aux alentours de 400 à 500 km/h". En tout cas, l'hyperloop reste loin des 1200 km/h annoncés il y a quelques années.
Mais pour le dirigeant, l'hyperloop ne doit pas être résumé à sa vitesse supersonique.
En mai 2017, Dirk Ahlborn expliquait qu'une ligne hyperloop pourrait coûter suivant la topographie "de 20 à 50 millions de dollars au kilomètre (en comparaison, le coût de construction d'une ligne à grande vitesse en train est estimée à 30 millions d'euros au kilomètre, NDLR)" et "que l'ambition était un retour sur investissement en 10 ans".
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Le 7 novembre dernier à Toulouse, les représentants d'Hyperloop ont rencontré dans les locaux du pôle Aerospace Valley les entreprises intéressées pour collaborer avec HTT. "56 entreprises ont montré leur intérêt d'y participer et 33 ont été sélectionnées par Hyperloop", indiquait alors le pôle de compétitivité.
Florine Galéron
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