Plongeon de la balance courante au Japon
La Tribune
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Le Japon remonte le temps. Le déficit de la balance courante, qui traduit la différence entre les exportations et les importations du pays, a atteint 172,8 milliards de yens en janvier, soit 1,4 milliard d'euros. C'est sa première sortie en territoire négatif depuis treize ans. La raison ? Les exportations plongent encore plus vite que les importations. Ces dernières sont constituées pour un tiers d'énergie et de matières premières. Or leurs cours se sont effondrés depuis août dernier. « Les coûts de production chutent en raison du yen fort et de la dégringolade mondiale des prix des matières premières. 10 % de baisse des prix de ces dernières se traduisent par 0,6 % de baisse du prix au détail sur le marché japonais », a calculé Richard Jerram, de Macquarie Securities. Pour les industries très consommatrices de matières premières, comme la pétrochimie ou le papier, c'est une bénédiction. Problème : l'effet de cette manne ne s'est pas encore fait sentir sur les comptes des entreprises. « Les prix avaient monté si vite jusqu'en octobre dernier que nous avions tous signé des contrats pour nous constituer des stocks de matières premières. Or, ces contrats n'arrivent que lentement à expiration », raconte le patron de la filiale au Japon d'un grand de la pétrochimie européenne. Exemple : les transporteurs japonais. Japan Airlines a essuyé une perte de 240 milliards de yens (1,9 milliard d'euros) à cause du prix auquel elle a payé son carburant par contrat en 2008. All Nippon Airways, elle, a inscrit une perte de 100 milliards sur ce même poste. Régis Arnaud, à Tokyo
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