L'onde de choc Lehman continue de se propager

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Comment expliquer la débâcle des marchés, au moment même où l'ensemble des gouvernements et des banques centrales prennent des mesures sans précédent ? Sur le papier, le plan Paulson de 700 milliards de dollars qui prévoit de reprendre les actifs " toxiques " des banques, la réactivité des gouvernements européens dans le sauvetage de plusieurs institutions, le spectaculaire plan britannique de 400 milliards de livres sterling ont tout pour plaire. De même que les baisses de taux concertées à travers le monde et le soutien sans cesse renouvelé des banques centrales au marché monétaire.En outre, les autorités politiques et monétaires sont prêtes à tout pour réduire le risque systémique : le Trésor américain envisage même de prendre des participations dans le capital des grandes banques afin de les renforcer. Un comble au pays du libéralisme ! Mais si la panique est par nature irrationnelle, elle trouverait son origine dans un événement bien précis, à savoir la faillite de Lehman Brothers. Non seulement, les opérateurs ont réalisé qu'aucune institution si prestigieuse soit-elle n'était too big to fail. Mais surtout, la semaine dernière, la perspective du règlement des dérivés de crédit (aussi désignés sous le terme de credit default swaps ou CDS) de Lehman Brothers a littéralement tétanisé les opérateurs.QUI SERA LA PROCHAINE VICTIME ?Estimé à 55.000 milliards de dollars, le jeune marché des dérivés de crédit - en fait, des contrats financiers bilatéraux de protection contre le risque de défaillance d'un émetteur de dette - s'est développé de façon exponentielle ces dix dernières années. Actuellement, l'encours de dérivés de crédit sur la dette de Lehman Brothers est estimé entre 400 et 450 milliards de dollars. La faillite de Lehman Brothers pose donc un problème énorme : les institutions financières qui ont vendu des CDS sur la dette de Lehman doivent maintenant honorer leurs engagements. C'est-à-dire compenser la perte de valeur des obligations Lehman Brothers suite à la faillite. Or les obligations ne valent plus que 8,625 % de leur valeur initiale. Les vendeurs de CDS (des banques essentiellement) vont donc devoir trouver des sommes colossales pour déboucler les contrats. Selon Brian Yelvington, analyste de CreditSights, le montant de l'indemnisation pourrait s'élever à 365 milliards de dollars.Autant de liquidités à trouver dans un contexte pour le moins délicat. De quoi générer de nouvelles ventes d'actifs et dégrader encore un peu plus les bilans des institutions financières. Au grand jeu de domino de la crise financière, la question de savoir qui sera la prochaine victime est plus que jamais d'actualité.Nouvelles craintes pour Morgan StanleyLes inquiétudes autour de la recapitalisation de Morgan Stanley continuent de plomber le titre. Le cours de la banque d'affaires américaine a chuté de 22,25 % à 9,68 dollars vendredi à Wall Street, perdant jusqu'à 40 % en séance. L'agence de notation Moody's a menacé d'abaisser sa notation. Les investisseurs s'inquiètent d'éventuelles renégociations de la recapitalisation de 9 milliards de dollars par la banque japonaise MUFG.

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