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diplomatieLa Chine et l'Europe renouent un dialogue crispéOublié le camouflet de l'annulation du sommet de Lyon qui devait réunir la Chine et l'Union européenne en décembre ? Aujourd'hui, l'heure est à la reprise de dialogue passablement crispé avec un sommet de substitution, le onzième, qui se tient à Prague. Le format en est restreint. C'est le Premier ministre Wen Jiabao qui conduit la délégation chinoise. Côté européen, le président Sarkozy n'a pas prévu de faire le déplacement.Pourtant sur le papier, les sujets sont nombreux. Lundi, l'ancien président tchèque Vaclav Havel a appelé à affronter Pékin sur le terrain des droits de l'homme. La Birmanie, où l'opposante Aung San Suu Kyi est de nouveau la cible de la junte, devrait être évoquée, la Chine ayant l'oreille de Rangoon.inquiétudeLe chapitre économique n'est guère moins léger. L'Europe souhaite un meilleur accès aux services financiers chinois, s'étonne des demandes de certification imposées par Pékin sur certains produits européens (porc irlandais, etc.) et surtout s'inquiète du creusement de son déficit commercial vis-à-vis de la Chine. De son côté, la Chine ne compte plus les griefs : l'embargo sur les armes (lire ci-dessous), le refus de Bruxelles de lui reconnaître le statut de « march頻 qui l'expose à la multiplication de taxes antidumping?Mais que résultera-t-il de ces échanges praguois ? « La stratégie d'« engagement inconditionnel » menée par l'Europe « a pour l'instant produit une masse d'accords bilatéraux, de communiqués conjoints [?], de sommets, de visites ministérielles et de dialogues sectoriels, tous destinés à inciter la Chine à adopter des politiques plus favorables à l'Europe », relèvent John Fox et François Godement, spécialistes de l'Asie. Mais ces deux auteurs d'un audit édifiant des relations de l'Europe avec la Chine (« Power audit of EU-China relations ») relèvent surtout les maigres résultats de cette politique. Des épisodes, comme l'annulation du sommet de Lyon, démontrent que « la Chine est prête à traiter l'Europe d'une manière qui ressemble à du mépris diplomatique », s'inquiètent-ils. Et la conception « anachronique » de la Chine qu'a l'Europe, qui continue de croire que Pékin va libéraliser son économie, améliorer la règle de droit et se démocratiser sous son influence, est naïve. À cela s'ajoutent les divisions européennes exploitées par Pékin. Les deux experts fustigent les États membres qui préfèrent récolter d'hypothétiques bénéfices en jouant une stratégie nationale, au lieu de tirer parti collectivement des ressources économiques chinoises. n L'Union européenne et la Chine tiennent, aujourd'hui à Prague, un sommet initialement prévu en décembre mais que Pékin avait brutalement annulé.

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