Trop vite, trop fort

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Nulle banque n'est à l'abri d'un accident. Perdre 600 millions d'euros sur des marchés violemment chahutés, comme la Caisse nationale des Caisses d'Épargne (CNCE), est une catastrophe à laquelle tous les établissements financiers peuvent être un jour confrontés. L'affaire Kerviel a montré qu'un acteur aussi aguerri que la Société Générale, pouvait trébucher. Pourtant, les dernières pertes de l'Écureuil, comme les errements de l'assureur Matmut dans l'univers des hedge funds, interpellent. Sur la pertinence des choix des acteurs mutualistes en général. Et sur ceux des Caisses d'Épargne en particulier. Ces dernières années, les banques mutualistes et coopératives - et pas seulement françaises - ont choisi d'aller dans les lucratifs métiers de banque de financement et d'investissement. Beaucoup l'ont chèrement payé. En 2005 déjà, le CIC avait laissé 500 millions d'euros sur le marché des dérivés. En septembre 2007, un jeune trader américain faisait perdre 230 millions d'euros à Calyon, avant que 2,5 milliards d'euros de pertes, fin 2007 et mi-2008, ne viennent sanctionner une période d'expansion débridée : en trois ans, la filiale du Crédit Agricole avait triplé ses revenus dans les dérivés actions et doublé ceux des métiers de taux. Les Caisses d'Épargne ont suivi le même chemin. La politique de développement - création de la Compagnie 1818, achat de Sanpaolo France - est devenue fuite en avant : acquisition de Nexity en haut de cycle immobilier, conflits récurrents avec la tutelle, la Commission bancaire exigeant un renforcement du contrôle des risques de la banque avant ses opérations de croissance externe. Et non pas après. L'Écureuil est allé trop vite, trop fort. Paris, en dévoilant un plan de soutien à 360 milliards d'euros, avait jugé les banques françaises gérées " avec prudence ". On voit qu'il n'en est rien. Et qu'il faudra qu'on y revienne. Même sauvé par son conseil, Charles Milhaud devra changer de stratégie.

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