Les quatre pistes à privilégier

Continuer à générer du chiffre d'affaires après l'expiration des brevets de ses médicaments en commercialisant sa version générique, à moindre coût et avec l'aval des autorités de santé qui y voient un moyen de faire baisser les prix : tel est l'intérêt des génériques. Pourtant, cette voie a mis longtemps à s'imposer aux industriels, tant elle tranchait avec leur volonté d'innovation. Sans compter avec sa moindre rentabilité. Seul le suisse Novartis avait osé mélanger les genres, avec sa filiale Sandoz. Mais l'arrivée des marchés émergents ? Asie, Amérique latine, Europe de l'Est ? qui combinent forte croissance et faible pouvoir d'achat de leurs populations, ainsi que le dynamisme manifeste du marché des génériques ? deux à trois fois supérieur à celui de la pharmacie classique ? ont fait réfléchir les dirigeants de laboratoires. « Nous devons cesser de réaliser 80 % de notre chiffre d'affaires avec 20 % de la population et entrer dans une logique de volumes », martèle Chris Viehbacher, chez Sanofi-aventis. Un credo qu'il a vite mis à exécution puisque le Français a acheté trois génériqueurs en trois mois : le tchèque Zentiva, le mexicain Kendrick et le brésilien Medley.Là encore, c'est le dynamisme du marché qui fait son intérêt : le leader du secteur des vaccins, Sanofi-Pasteur MSD, coentreprise entre le laboratoire français et l'américain Merck, a enregistré une croissance de 22 % l'an dernier, contre au mieux 4,5 à 5 % pour les médicaments traditionnels? Autre atout : issus du vivant, les vaccins sont complexes à mettre au point. Conséquence : n'entre pas sur le marché qui veut. Pas étonnant, dès lors, que le choix du leader mondial Pfizer se soit porté sur son compatriote Wyeth qui en tire 18 % de ses revenus.Les sociétés de biotechnologies sont véritablement l'avenir de l'industrie pharmaceutique. D'abord parce qu'elles mènent des recherches sur les principales pathologies actuelles ? cancer, Alzheimer? ? mais surtout parce que leurs médicaments, basés (comme les vaccins) sur la biologie et non sur la chimie, sont éminemment plus délicats à copier une fois les brevets expirés. Enfin les biotechs, le plus souvent de petites tailles et très spécialisées, apportent aux laboratoires la flexibilité qui leur fait trop souvent défaut. Depuis Roche, qui a souhaité absorber dans son intégralité sa filiale Genentech, jusqu'à Sanofi-aventis, qui a mis la main la semaine dernière sur l'américain BiPar, les laboratoires ne peuvent plus aujourd'hui se permettre d'ignorer ce secteur. « Il y a dans le monde 5.000 sociétés de biotechnologie, nous devons les regarder », résumait la semaine dernière Chris Viehbacher.Ces produits, également baptisés OTC (pour « over the counter ») n'ont vraiment été découverts que récemment par l'industrie. Là encore, c'est un moyen de pallier l'érosion des revenus issus de la perte des brevets. Leur principal avantage : contrairement aux médicaments remboursés, les prix des produits OTC peuvent être librement fixés par les laboratoires. Si aucun industriel ne rivalise encore avec l'américain Johnson & Johnsonnson qui en tire près du quart de son chiffre d'affaires (Neutrogena, Roc, Nicorette?), ses concurrents investissent progressivement le marché. Ainsi le Britannique GSK, qui commercialise déjà les patchs Niquitin ou les dentifrices Aquafresh, a annoncé hier, en marge de l'acquisition de Stiefel, le lancement officiel d'Alli. Cette pilule amaigrissante, qui sera disponible dans l'Hexagone le 6 mai, est déjà au c?ur d'une polémique quant à son efficacité réelle. Preuve que la diversification en dehors de la pharmacie traditionnelle n'est pas toujours une sinécure pour les laboratoires pharmaceutiques.A. T.

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