Du bon usage de la crise

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Depuis le discours de Toulon dans lequel il a prononcé pour la première fois le mot « crise », Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse d'affirmer que cette situation nouvelle imposait aux gouvernants un « devoir de vérit頻. Vérité pour « vaincre la peur », qui empêche d'entreprendre et d'avancer. Vérité aussi pour puiser dans cette crise inédite par son ampleur et sa rapidité de propagation les ferments du rebond. En faire un vecteur de l'adaptation de la France à un monde en plein bouleversement. Car il y a toujours un jour d'après. Force est de constater que la « vérit頻 dite par le président en septembre dernier a rencontré la réalité. La crise financière fait voler en éclats les certitudes sur notre modèle de croissance libérale, et impose de trouver une nouvelle voie, plus économe, des ressources rares. Le chômage va retrouver, malgré la reprise économique espérée en 2010, un taux à deux chiffres, effaçant une décennie d'amélioration. Enfin, l'envolée des déficits menace de rendre insoutenable notre niveau d'endettement si les taux d'intérêt remontent. Le discours que doit prononcer Nicolas Sarkozy aujourd'hui devant le Congrès à Versailles revêt donc un caractère solennel qui justifie peut-être son apparat monarchisant. Il s'agit de dire dans quel état la France se trouvera au sortir de la crise et comment éviter que ce handicap provisoire ne se transforme en boulet définitif. Le chef de l'État sait que la période exceptionnelle que nous traversons lui accorde un nouvel état de grâce : « La crise nous rend de nouveau libres d'imaginer », dit-il. Mais le rend-elle libre d'aller le plus loin possible dans les réformes ? Cela reste à voir. Le président est conscient de l'affaiblissement de sa base électorale et du fait que ses opposants, même morcelés, rassemblent une majorité de Français mécontents et inquiets. Une nouvelle séquence politique s'ouvre donc, l'acte II du quinquennat, dans laquelle un autre Nicolas Sarkozy est attendu pour préparer la France de l'après- crise. Celui de 2007 a mis en ?uvre la quasi-totalité de son programme, sans changer en profondeur la situation des Français. Celui de 2009 va devoir trouver de nouveaux consensus pour gagner le rendez-vous de 2012. L'explosion des déficits publics montre que les économies sur les effectifs de l'État ne sont pas à la hauteur des enjeux et rend nécessaire une reconfiguration de l'administration du territoire. L'explosion en vol des comptes sociaux oblige à repenser le pacte social de 1945 qui fonde la solidarité entre les générations pour répondre au défi du vieillissement de la population.pmabille@latribune.fr philippe mabille

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