Anges ou démons ?

Ils sont riches à milliards, puissants, parfois mystérieux, souvent imprévisibles, jamais conventionnels. Puissance émergente de la finance internationale, les fonds souverains intriguent, irritent ou rassurent en fonction de leurs choix d'investissement. Qui sont-ils réellement ? Quels sont leurs ressorts profonds, leurs objectifs ? À qui et à quelle philosophie obéissent-ils ? Sont-ils des investisseurs comme les autres en quête de rendement financier ou bien leur intérêt marqué pour tel ou tel secteur d'activité ou entreprise cache-t-il des visées moins avouables que la seule recherche du profit ? Alors, anges ou démons ? "La Tribune" est allée enquêter sur ces fonds d'un genre nouveau dont la puissance de feu financière ne peut laisser personne indifférent. Les avis divergent à leur propos. Pour les uns, ils sont le diable en costume trois pièces guettant l'occasion de s'introduire dans les sanctuaires de la finance et de l'industrie du monde développé avec des intentions sournoises. Pour les autres, qui rejettent toute diabolisation, ils sont des investisseurs aux poches profondes assez responsables pour exercer une influence stabilisatrice lorsque le vieux capitalisme perd les pédales. Personne ne s'est indigné - au contraire - de voir des fonds souverains originaires de pétromonarchies du golfe Arabo-Persique voler récemment au secours de grands noms de la finance américaine englués dans le marécage du subprime. Connus pour être des investisseurs de long terme, ces fonds ont fait coup double en réalisant un placement à bon compte qui se valorisera avec le temps et en se forgeant une réputation de Bons Samaritains. Si l'entrée des capitaux arabes au capital de grands groupes occidentaux remonte à plus de deux décennies, la réputation de nouveaux acteurs est plus controversée. Les fonds souverains, russes ou chinois, traînent dans leur sillage un parfum plus sulfureux. Ils sont soupçonnés de chercher des accès aux technologies de pointe pour accélérer leur développement ou à acheter des positions d'influence au coeur de la finance et de l'industrie occidentales. Rien pour l'heure n'est venu donner de la consistance à cette thèse. Tout juste peut-on s'interroger sur la visible prédilection des capitaux d'État chinois et russes pour certains secteurs industriels stratégiques.

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