PHARMACIE + Le président de Lilly fait le bilan de quatre ans de stratégie offensive

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De passage en France où il doit inaugurer, aujourd'hui à Fergesheim, une nouvelle unité de production d'enzymes recombinantes, Randall Tobias, le président du laboratoire américain Lilly (qui figure parmi les dix premiers groupes mondiaux), a fait le bilan de la stratégie menée depuis son arrivée à la présidence, en 1993. En quatre ans, le laboratoire d'Indianapolis a effec- tué une véritable mue qui en a fait un groupe purement pharmaceutique à la stratégie offensive. En santé humaine, le groupe a concentré son activité autour de cinq axes thérapeutiques : système nerveux central, cancer, cardio-vasculaire, maladies infectieuses et maladies endocriniennes. Les derniers dix-huit mois ont par ailleurs été caractérisés par l'enregistrement de quatre produits majeurs et Lilly espère obtenir prochainement le feu vert des autorités de santé pour un nouveau médicament contre l'ostéoporose. A une échéance un peu plus éloignée, le groupe développe également des molécules prometteuses dans le domaine cardio-vasculaire, la maladie d'Alzheimer et de nouveaux anti-infectieux qui contournent les problèmes de résistances aux antibiotiques. Enfin, le Prozac n'a pas encore, semble-t-il, exprimé tout son potentiel. Autorisé dans quarante-quatre pays pour le traitement de la dépression et des troubles obsessionnels compulsifs, dans quarante pour la boulimie et dans cinq pour l'anxiété, l'antidépresseur vedette de Lilly semble également, selon de premières études, donner des résultats intéressants sur les comportements agressifs et l'anorexie. Afin de maintenir un rythme soutenu d'innovation, le groupe a mis en place, depuis plusieurs années, une cellule de veille technologique qui lui a permis de signer une centaine d'accords avec des organismes de recherche universitaires ou des société spécialisées et de s'assurer ainsi dans chaque domaine l'accès aux technologies les plus performantes. En 1996, le groupe a consacré 7,3 milliards de francs à sa recherche, soit 16 % du chiffre d'affaires. « Un métier à haut risque. » Interrogé sur la dépréciation de 2,4 milliards de dollars de la participation de Lilly dans PCS (entité chargée de la gestion des budgets médicaments des organismes privés d'assurance maladie), Randall Tobias a reconnu qu'« a posteriori PCS n'avait pas tenu toutes ses promesses » mais qu'en 1994 les choses étaient beaucoup moins claires. Si la réforme du système de santé, soutenue par le président Clinton, avait été adoptée, il en aurait été autrement. « Nous sommes dans un métier à haut risque où on est obligé de prendre des paris. On ne peut pas gagner chaque fois », a-t-il ajouté. Concernant la France, Randall Tobias a souligné que sa politique d'investissements (1,6 milliard de francs depuis 1989) à travers le site de Fergesheim et la collaboration avec l'université Louis-Pasteur de Strasbourg, s'inscrivait « dans une optique de long terme ». Catherine Ducruet

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