Merck prêt à transiger face aux plaintes sur le Vioxx

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Alors qu'il avait jusqu'à présent indiqué que chacune des plaintes liées au Vioxx serait réglée au cas par cas, Merck envisage désormais de régler à l'amiable certaines d'entre elles. Retiré du marché par le groupe le 30 septembre 2004 en raison de ses effets secondaires cardio-vasculaires, l'anti-inflammatoire fait aujourd'hui l'objet de près de 5.000 plaintes.Echaudé par une première défaite juridique, le 19 août, Merck semble donc avoir changé son fusil d'épaule. A l'issue de ce premier procès, le jury a condamné le laboratoire pharmaceutique américain à verser 24 millions de dollars à la veuve de Robert Ernst, décédé après six mois de traitement au Vioxx, et 229 millions de "dommages punitifs" - qui devraient être plafonnés à 2 millions par la loi texane.De peur que ce premier dénouement n'influence trop les prochains jurys, le laboratoire a également demandé le report de quarante-cinq jours de son prochain procès, prévu le 12 septembre à Atlantic City, dans le New Jersey. Un procès particulièrement crucial, puisque près de la moitié des plaintes ont été déposées auprès de cette juridiction. Reste que les juges pourraient pencher en faveur de Merck en raison de la multitude de laboratoires présents dans cet État, comme Johnson & Johnson et Schering-Plough. Sans compter que la victime a survécu à son attaque cardiaque et sera entendue de vive voix par les jurés. Enfin, "le verdict texan ne doit pas être extrapolé aux autres procès, les plaignants avaient toutes les cartes en main : une juridiction particulièrement favorable aux victimes de grands groupes industriels et des erreurs dans la stratégie de défense de Merck, avaient indiqué les analystes de Morgan Stanley au lendemain du jugement. Reste que, s'il ne remporte aucune victoire juridique dans les trois à six prochains mois, le laboratoire devra songer à des conciliations".Rétablir l'image du groupe. Merck y vient déjà, mais pas à pas. Pour l'heure, seuls les cas de victimes ayant pris ce médicament de façon continue pendant au moins dix-huit mois et n'ayant pas présenté d'autres facteurs de risques cardiaques sont concernés. "Un moyen de rétablir un peu l'image du groupe auprès des investisseurs", a estimé pour sa part Christopher Seeger, avocat d'un plaignant, sur la chaîne de télévision CNBC.Depuis la première condamnation du laboratoire, les plaintes se multiplient. En France, l'Association française d'aide aux victimes des accidents des médicaments (Aavam) a ainsi constaté une inflation de nouvelles personnes déclarant avoir été victimes du Vioxx. Il y a une dizaine de jours, l'association avait déjà envoyé trois premiers dossiers de victimes françaises à un cabinet d'avocats américain, afin qu'elles puissent être associées à des actions judiciaires collectives (class actions) menées aux états-Unis. étant donné que ce type de poursuite n'existe pas en France et que les procès portant sur des médicaments s'avèrent difficiles à établir, l'association compte s'appuyer sur le fait que les produits américains exportés sont soumis à la loi américaine.En revanche, les procès en nom collectif contre Merck se multiplient au Canada. "Suite à la décision rendue au Texas, les gens se rendent compte que quelque chose se passe, il y a eu une décision judiciaire et il y a beaucoup d'argent en jeu pour ceux qui ont utilisé du Vioxx", a affirmé à l'AFP Murray Miskin, un avocat de Toronto, qui représente 300 plaignants. Selon ce dernier, environ 3.000 personnes ont intenté une trentaine de procès en nom collectif devant différents tribunaux canadiens.Caroline Migno

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