Marseille entre reprise du travail et nouvelle grève

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Après trente-deux jours de grève, les bus et le métro circulaient normalement hier après la décision du tribunal de grande instance de Marseille de déclarer "illicite" le préavis de grève déposé le 28 septembre par huit syndicats de la Régie des transports marseillais (RTM). Alors que, dans un premier temps, les syndicats de la RTM envisageaient de s'engager dans la désobéissance civile, ils ont finalement décidé samedi la reprise du travail. Pas pour longtemps puisqu'ils ont déposé un nouveau préavis de grève de vingt-quatre heures reconductible pour le 11 novembre. Les traminots réclament "le rétablissement d'un véritable dialogue social, le retrait du plan d'entreprise, le développement des emplois et une majoration des salaires".Manque à gagner. La cité phocéenne retrouve donc pour quelques jours le calme et ses moyens de transport. La rentrée restera dans les annales à Marseille avec trois conflits majeurs : SNCM, Port Autonome de Marseille et RTM. Selon la chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence, les grèves ont déjà causé un manque à gagner de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires pour les commerçants, plus une somme au moins équivalente pour les entreprises directement (SNCM, RTM, Port de Marseille) ou indirectement touchées par les mouvements sociaux. Il faut ajouter à ces pertes l'impact en termes d'image pour la cité phocéenne, qui passe aujourd'hui auprès des investisseurs potentiels pour un chaudron social peu attractif. Pour le président de la CCI, Jacques Pfister, "le monde économique est exaspéré par cette situation catastrophique à quelques semaines de Noël".Ce bilan reste provisoire car le feuilleton social pourrait reprendre dès le 11 novembre. "Aucune négociation n'est prévue pour l'instant, a noté hier le représentant CGT à la RTM, Alain Vercelonne. Nous avons fait de nouvelles propositions. Mais nous continuons à ne vouloir ni d'une délégation de service public ni d'une filiale. Nous réclamons une entité RTM qui assure le service de bus, métro et tramway." Les positions restent figées car, dans le même temps, Jean-Claude Gaudin, président de la communauté urbaine de Marseille, répète que "seule la venue d'un partenaire privé peut permettre de limiter le déficit abyssal de la RTM et de garantir le meilleur service au meilleur coût pour les Marseillais".Réquisition possible. Devant cette impasse, le préfet de région tente d'isoler les grévistes en demandant une consultation à bulletin secret des 3.200 salariés de la RTM. La réquisition reste également une option possible si le conflit devait redémarrer. Mais les fédérations CGT, FO et CFDT ont déjà menacé de déclencher une grève dans les transports urbains de toutes les villes de France en cas de réquisition. Il semble que plusieurs syndicats considèrent Marseille comme le point de départ possible d'un grand mouvement social interprofessionnel comparable à celui de 1995.Gérard Tur, à Marseille

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