6 Peut-on faire une réforme fiscale ?

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Tout le monde en parle, comme une évidence, mais c'est bien plus qu'une affaire de mode, une question essentielle, car la fiscalité touche à la fois l'efficience et l'équité d'une économie. Or, sur ce plan-là, notre pays a besoin de retrouver une efficacité qu'il a perdue sur de nombreux points, la compétitivité, l'incitation au travail, celle à financer des investissements à long terme et donc le développement de l'innovation. Ce sera le chantier de 2011 ou du moins le coeur du débat politique de l'année. Deux conceptions vont s'opposer. L'une privilégiera l'amélioration de notre compétitivité. Tout sera centré sur la baisse des charges sur les entreprises, par exemple à travers l'instauration de la TVA sociale. Et on se concentrera aussi sur la fiscalité du patrimoine. L'autre mettra l'accent sur les problèmes de répartition, c'est-à-dire la progressivité de l'impôt, par exemple en fusionnant CSG et IRPP. Et puis il y aura des problèmes sur lesquels les uns et les autres se retrouveront, la réduction de la dette, mais pour les uns, essentiellement par la diminution des dépenses, pour les autres plutôt par une augmentation des impôts.Retrouver la confianceEnfin, on devra se mettre d'accord sur une rationalisation des différentes aides de retour au travail : prime pour l'emploi, RSA, aide au logement. Pour ma part, je considère que tous ces objectifs ont leur légitimité, mais que la priorité macroéconomique de notre pays est de produire, ce qui suppose d'investir prioritairement dans les secteurs d'activité permettant de se substituer aux productions parties dans les pays émergents. L'ampleur des investissements nécessaires, investissements de long terme donc risqués, est forte, de l'ordre de 150 à 200 milliards d'euros. Or, le problème majeur de notre épargne est d'en allonger le terme pour investir. Il faut donc lutter contre l'aversion aux risques qui est la caractéristique majeure de nos sociétés, renforcée par le vieillissement. La confiance : c'est là le principal défi de la réforme fiscale.Jean-Hervé Lorenzi Président du Cercle des économistes

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