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Sur le marché du crédit, seuls les investisseurs sont à la fête

La Tribune

Publié le 26 septembre 2008 à 18:07 - Mis à jour le 26 septembre 2008 à 18:07

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Sur le marché du crédit, les investisseurs sont rois. " Ne cherchez pas à émettre de la dette, si vous n'êtes pas prêts à payer le prix ", prévient d'ailleurs un banquier. Un avertissement qui vaut désormais aussi bien pour les sociétés moyennement notées que pour celles qui affichent les profils financiers les plus solides. Et qui s'applique pareillement aux entreprises des secteurs cycliques qu'aux noms traditionnellement considérés comme défensifs.Vivendi est le dernier à en avoir fait les frais. Le groupe, qui souhaitait placer 600 millions d'euros d'obligations à 7 ans afin d'améliorer la structure de sa dette, a finalement préféré renoncer. Confrontés à un marché beaucoup moins liquide que par le passé, les investisseurs auraient en effet préféré une maturité plus courte, ce qui ne correspondait pas aux besoins de Vivendi. " Dans un contexte d'incertitude économique, les gérants cherchent à réduire la " duration " de leurs portefeuilles et ils évitent les titres aux échéances trop éloignées ", commente un acteur du marché.Mais tous n'ont pas le choix. Les sociétés qui doivent absolument se financer sur le marché de la dette sont contraintes de mettre la main à la poche. Récemment, KPN et Imperial Tobacco ont offert des marges très confortables aux investisseurs pour placer respectivement 850 millions d'euros d'obligations à 5 ans et 750 millions d'euros de dette à 6 ans. Résultat, l'émission de ces nouveaux titres, bien plus rémunérateurs que la dette existante de ces mêmes émetteurs, a entraîné un repricing sur le marché secondaire.RAPPORT DE FORCECela s'était déjà produit à la fin du mois d'août dernier lorsque l'opération de Daimler (1,5 milliard d'euros à 5 ans et 750 millions d'euros à 7 ans) avait entraîné une dépréciation de la dette de l'ensemble du secteur automobile. Le rapport de force a rarement été autant en faveur des investisseurs. L'émission de 3 milliards d'euros de dette par Tesco en début de mois en fournit une autre illustration. Le distributeur britannique, au profil pourtant défensif et comme tel traditionnellement prisé par les investisseurs, a dû payer 158 points de base de plus que l'emprunt d'État allemand pour la partie de son opération à 4 ans et 188 points pour celle à 8 ans. Quand on sait que, en mars 2007, il avait levé 600 millions d'euros de dette à 40 ans, à 96 points de base au-dessus du bund..." L'étau s'est resserré cet été lorsqu'il est apparu qu'il allait y avoir une accélération importante des remboursements à partir de septembre ", commente Guy Stear, stratégiste crédit chez Société Générale. Le volume de titres arrivant à maturité ces neuf prochains mois serait en effet d'un tiers supérieur à celui des neuf derniers. Du coup, nombre d'émetteurs ont tenté de prendre de l'avance et pas moins de 10,5 milliards d'euros de dette ont été émis en août par les sociétés non financières. Un montant exceptionnel pour ce mois traditionnellement creux qui accueille généralement à peine 2 ou 3 milliards de nouveaux titres. Et la fête est loin d'être terminée pour les investisseurs. Les analystes de la Société Générale estiment que dans le seul secteur des télécoms et des médias, 15 milliards d'euros de dette pourraient être émis d'ici à la fin del'année.

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