Ouattara confronté au défi du redressement économique

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Après quatre mois d'un conflit armé qui a tué au moins 800 personnes, les défis du nouveau président ivoirien Alassane Ouattara sont énormes, notamment sur le plan économique. Selon le FMI, l'activité économique devrait accuser une récession de 7,5 % cette année, avant de rebondir de 6 % en 2012. En cause : la durée du conflit et les dégâts des sanctions internationales. « La croissance ivoirienne a été étouffée par les sanctions contre des compagnies publiques ou parapubliques comme celles qui gèrent les ports d'Abidjan et de San Pedro, ou la société pétrolière Petroci », explique Bernard Conte, économiste au Centre d'études d'Afrique noire de Sciences Po Bordeaux. Chômage technique, inflation galopante, pénuries de carburant et de gaz, raréfaction de certains produits de base : tous les secteurs de cette économie, jadis la plus puissante d'Afrique de l'Ouest, sont aujourd'hui touchés par la crise. La reprise progressive des exportations, notamment de cacao, [voir plus bas] serait donc vitale. La situation financière est également très problématique. Le système bancaire ivoirien est profondément désorganisé suite aux sanctions de la Banque mondiale et de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), qui avait fermé en janvier ses agences en Côte d'ivoire suite à leur réquisition par le gouvernement Gbagbo. Alliés occidentauxLe plus grand défi de Ouattara est, selon Bernard Conte, de réorganiser une économie gangrenée par la corruption et le clientélisme. « Ggbagbo avait placé ses proches aux manettes des principales entreprises nationales, mais les chefs de guerre pro-Ouattara du nord profitaient aussi des richesses de leurs zones. La situation de « ni guerre ni paix » arrangeait finalement beaucoup de monde. Que va faire Ouattara ? Ses supporters ont eux aussi envie de manger leur part du gâteau... »Le nouveau président peut en tout cas compter sur ses alliés occidentaux. « Ouattara, surnommé l'ami de Sarkozy, est surtout le président de la communauté internationale, qui va tout faire pour l'aider. » L'Union européenne a déjà levé ses sanctions vendredi dernier, et la Banque africaine de développement, qui punissait le pays depuis janvier pour un défaut de remboursement de dettes de 25 millions d'euros, ne devrait pas tarder à faire de même. La France a annoncé mardi un soutien financier de 400 millions d'euros « dès que les circuits financiers seront rétablis », et l'UE promet, elle, 180 millions. Pour Bernard Conte, l'économie devrait néanmoins repartir. « Ouattara inspire confiance aux grandes puissances. De plus, le pays est très riche en ressources, notamment du pétrole en eaux profondes qui n'est pas encore exploité ».

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