Le marché du porc frémit

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matières premièresPour de nombreux producteurs de porcs, la grippe porcine a été le problème de trop. Le ralentissement des ventes entraîné par les craintes sanitaires est en effet venu s'ajouter à la chute libre des cours de la viande, alors que le prix moyen du maïs et du soja destinés à son alimentation restaient élevés. Selon la National Pork Producers Council, l'industrie du porc américaine a subi des pertes de 5,4 milliards de dollars depuis septembre 2007, soit plus de 20 dollars de perte par porc vendu. Un contexte dans lequel les plus petits producteurs s'effondrent, à l'instar de l'américain Coharie, qui vient de déposer le bilan. « C'est le schéma classique : les prix baissent, le cheptel se réduit, et puis brusquement on assiste à un redressement des cours », observe Emmanuel Jayet, analyste sur les matières premières agricoles à la Société Généralecute; Générale. signes encourageantsAprès avoir sombré jusqu'à 0,51 dollar au mois d'août, le kilo de carcasse de porc pour livraison en décembre cotait 0,55 dollar hier. Avec la crise économique et la moindre fréquentation des restaurants outre-atlantique, la consommation de viande devrait chuter de 1 % à 2 % cette année. « Mais la consommation de volaille semble déjà se stabiliser », assure Emmanuel Jayet. Sur le marché physique, des signes encourageants se manifestent aussi. Après un point bas à 1,004 euro le kilo, la demande frémit sur le marché de Plérin, en Bretagne : les cours sont remontés à 1,029 euro le kilo hier. « Depuis deux semaines, le marché a changé. Les échanges sont assez importants, et les autres marchés européens ont arrêté de baisser », constate Jean-Pierre Joly, directeur du Marché du porc breton. Il est pourtant rare que les cours du porc montent en novembre, en raison de l'aspect saisonnier de la production : l'abattage se fait souvent au début de l'automne, ce qui sature les marchés pour l'hiver, et la hausse a d'ordinaire plutôt lieu en été. Le frémissement de la demande semble venir des exportations, seul lien entre les marchés européens et américains. Après avoir fermé leurs frontières à la viande de porc pour cause de H1N1, la Chine et la Russie les ont rouvertes. Et « à l'Est, la viande de porc est la viande traditionnelle de Noël », rappelle Jean-Pierre Joly.

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