Finalisation imminente du rapprochement CDC-La Poste

L'officialisation de l'entrée de la Caisse des dépôts au capital de La Poste attendra encore quelques jours. Rendez-vous en début de semaine prochaine ? « Le processus n'est pas achevé. Un comité de direction se réunira prochainement », a dû préciser l'institution de la rue de Lille ce mercredi.Deux étapes permettant d'avancer vers la finalisation de l'accord ont été franchies hier. Lors d'un nouveau comité d'investissement, la Caisse des dépôts a obtenu les informations complémentaires réclamées la semaine dernière. Quant à la Commission de surveillance de l'institution, elle devait valider l'accord conclu entre Bercy et la direction générale.L'entrée de la Caisse des dépôts au capital de La Poste à hauteur de 26,32 % - dans le cadre de l'augmentation de capital de La Poste, elle apporte 1,5 milliard d'euros et l'État 1,2 milliard - se base sur un mécanisme de valorisation de l'entreprise publique à trois étages. Si La Poste ne remplit pas les objectifs qu'elle s'est fixés dans son plan stratégique à cinq ans, sa valorisation finale restera à 3 milliards d'euros. Dans le cas contraire, elle sera revue à 4,3 milliards - la CDC devrait alors verser 342 millions d'euros à l'État -, et même à 5 milliards, si La Poste dépasse ses objectifs - la soulte atteindrait alors jusqu'à 526 milliards d'euros. Au final, la Caisse des dépôts pourrait ainsi débourser jusqu'à 2 milliards d'euros.Compatibilité évidenteSi la compatibilité entre la Caisse des dépôts et La Poste paraît évidente - ce sont deux entreprises publiques soucieuses de leurs missions d'intérêt général -, leur rapprochement n'a pas été des plus simples. Fin 2007, La Poste avait déjà testé l'intérêt de la Caisse des dépôts, mais poussée en ce sens par Bercy et des banquiers d'affaires bien intentionnés, elle s'était finalement laissé tenter par l'idée d'une introduction en Bourse. Sa valorisation diminuant avec le temps, et les business plans successifs, l'entreprise postale avait toutefois dû renoncer à son projet.À nouveau sollicitée fin 2009, mais quelque peu dépitée de jouer les roues de secours, la Caisse des dépôts était bien décidée à défendre ses intérêts.Face à un État désargenté, elle a trouvé les arguments pour défendre sa position d'investisseur avisé et pris un maximum de garanties. En 2009, les interventions de l'institution en faveur du renforcement des fonds propres se sont multipliées.Décidé fin septembre, le relèvement du taux de prélèvement sur les résultats consolidés de la Caisse des dépôts de 33 % à 50 % lui a aussi sans doute permis de manifester sa bonne volonté.« La Caisse des dépôts doit avoir une approche d'investisseur avisé, sinon le dossier risque d'être retoqué à Bruxelles », explique-t-on par ailleurs dans l'entourage de la Caisse des dépôts. De nouveaux rebondissements en perspective ? Sophie Rolland

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