Cinq chantiers pour l'économie française : 2/ chômage, François Hollande condamné à réussir

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À défaut de croissance significative et de suffisamment de créations de postes spontanées dans le secteur concurrentiel, on pourrait le penser. L\'Insee estime que 76.000 postes devraient encore être perdus au second semestre. De surcroît, 137.000 nouvelles personnes devraient arriver sur le marché du travail sur l\'ensemble de l\'année 2013. D\'ailleurs, en juillet, le nombre des demandeurs d\'emploi a continué de progresser (+ 0,2 % en catégorie « A », soit un total de 3546600 demandeurs d\'emploi), même si on est très loin, heureusement, des niveaux d\'augmentation des premiers mois de l\'année.Comment, dans ce contexte, inverser la courbe du chômage ? Le gouvernement a multiplié les instruments. Avec l\'instauration du crédit d\'impôt compétitivité emploi (CICE), d\'abord, qui permet aux entreprises de baisser le coût du travail de 4 % cette année et de 6 % en 2014.Une politique de mesuresLe gouvernement met aussi le paquet sur les traditionnels contrats aidés qui prolifèrent depuis trente ans sous des appellations différentes : contrat d\'aide à l\'embauche, contrat d\'insertion dans l\'emploi, contrat jeune, etc. Pour 2013, 450.000 contrats de ce type ont été budgétés. Bien entendu, c\'est notamment en septembre, pour la rentrée, quand les jeunes affluent à Pôle emploi, que ces contrats sont très majoritairement proposés. Il y a, de fait, un léger frémissement puisque, en juillet, pour le troisième mois consécutif, le nombre des demandeurs d\'emploi de moins de 25 ans a reculé, se félicite Michel Sapin . Et, bonne nouvelle pour le ministère du Travail, il est acté que Michel Sapin bénéficiera en 2014 d\'un budget de 10,8 milliards d\'euros, soit 700 millions de plus que cette année. 1,3 milliard d\'euros seraient affectés au financement de plus de 430.000 contrats aidés. De quoi tenir le rythme de 2013.Même chose pour les fameux emplois d\'avenir, surtout destinés au secteur non marchand embauchant un jeune en très grande difficulté. François Hollande a demandé de l\'ouvrir à certains secteurs concurrentiels, le tourisme notamment. Actuellement, la moitié des 100000 emplois d\'avenir prévus cette année ont été conclus. Cinquante mille nouveaux sont programmés pour l\'année prochaine. Au total, le coût du dispositif atteindrait 1,3 milliard d\'euros.François Hollande compte aussi sur une montée en puissance du contrat de génération (aide annuelle de 4000 euros pour une entreprise de moins de 300 salariés qui recruterait un jeune tout en gardant un senior dans l\'emploi) qui devrait s\'affirmer dès lors que les chefs d\'entreprise sentiront que la reprise est réelle.Enfin, reste l\'arme de la formation. À l\'issue de la Conférence sociale du mois de juin, François Hollande a annoncé un vaste plan de formation à destination de 30.000 chômeurs afin de leur faire rapidement suivre un cursus leur permettant d\'occuper un emploi disponible qui n\'a pas trouvé preneur. Le président espère même que ce dispositif concernera un total de 100.000 demandeurs d\'emploi en 2014. Certes, l\'objectif est louable... mais il a aussi un autre mérite. Les demandeurs d\'emploi en formation glissent automatiquement des catégories « A, B ou C » de Pôle emploi (celles qui servent de référence pour le calcul du nombre des demandeurs d\'emploi) vers la catégorie « D », nettement moins médiatisée. Autant de chômeurs en moins « officiellement » comptabilisés, donc.Des mesures qui pourront peut-être, en apparence, dégonfler quelque temps les statistiques du chômage. Mais, sans croissance plus forte d\'au moins 1,5 % et sans reprise réelle des embauches, le phénomène paraîtra tout de même assez artificiel. Or, la question du chômage, première préoccupation des Français, est celle sur laquelle François Hollande est le plus attendu. S\'il échoue, la suite de son quinquennat va se transformer en long chemin de croix, jonché d\'élections intermédiaires qui s\'annoncent plus que difficiles !Lire aussi :>>> Croissance, la reprise au coin de la rue (1/5)>>> Retraites : une réforme à minima qui fait \"Pschitt\" (3/5)>>> Impôts : la \"pause\" fiscale... surtout pour les entreprises (4/5)>>> Préparer l\'avenir sans sacrifier le présent (5/5)

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