Afrique : la prise en charge des risques

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Instable. L'Afrique n'est pas encore la zone la plus sûre pour les investisseurs étrangers mais la qualité des couvertures sur le continent progresse de jour en jour. Le volume des cotisations émises entre 2004 et 2008 est en effet passé de 36,4 milliards à 54,7 milliards de dollars. « Il n'y a pas plus de risques en Afrique que dans certaines économies d'Amérique Latine ou même qu'en Asie et en Russie. La question est plus de savoir comment prendre en compte ces risques une fois qu'ils ont été identifiés » estime Jacko Maree, directeur de la compagnie d'assurance Liberty Life. L'Afrique du Sud influence largement la bonne évolution des prises en charge, elle pèse en effet à elle seule plus de 80 % du marché africain de l'assurance. Le Maghreb et l'Égypte sont aussi des zones relativement pérennes pour les investisseurs car les réseaux d'assureurs y sont très bien développés... même si les événements récents biaisent cette perception. « Il est clair que les assureurs vont être beaucoup plus prudents et plus regardant sur les dossiers en Égypte et en Tunisie » explique Jean-Luc Debièvre, directeur du département Risques Politiques chez le courtier d'assurances Gras Savoye. En ce qui concerne l'Afrique de l'Ouest et Centrale, les assureurs y sont de plus en plus implantés. Ces régions constatent en effet l'émergence de réseaux locaux, mais aussi l'implantation de certains courtiers et de grands groupes comme Allianz et Axa, qui permettent notamment une couverture dommage homogène, mais aussi des complémentaires santé et des assurances retraites de plus en plus sûres. De plus « un entrepreneur trouvera des couvertures locales très compétitives » explique Antoine Jacquot, directeur opérationnel des filiales étrangères de Gras Savoye. Couverture parfois limitéePour leur part, les risques politiques, juridiques et de sécurité de personnes ne se couvrent presque que depuis l'Europe, avec par exemple des contrats de type « kidnap & rançon ». Reste certains risques dont la couverture est limitée car ils sont dépourvus de solutions locales comme les risques de responsabilité civile qui nécessitent d'avoir recours à la réassurance facultative. « Mais pour les programmes de garanties locales, les réassureurs européens vont avoir tendance à imposer des conditions de primes supérieures à celles qu'ils accorderaient dans des zones mieux connues. De plus les compagnies qui acceptent d'intervenir en Afrique sont peu nombreuses. Le marché est donc moins concurrentiel » explique Antoine Jacquot. Enfin des risques de change sont inassurables et peuvent poser problèmes notamment dans le cas de rapatriements de dividendes, même si la zone CFA reste globalement épargnée grâce à son indexation sur l'euro. Mathias Thépot

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