Numericable a perdu des abonnés face à des offres offensives sur l'ADSL

Le 27 octobre, Numericable a présenté à huis clos ses résultats à ses créanciers. Des résultats qui apparaissent en recul pour la première fois depuis plusieurs années. Un graphe a été présenté montrant que chaque mois, de mars à août 2010, le nombre de clients a diminué - jusqu'à 10.000 clients perdus par mois - en raison d'un nombre de désabonnements supérieur aux recrutements. Au total, le câblo-opérateur a revendiqué 3,3 millions d'abonnés à la télévision, et 0,9 million à Internet. C'est moins que les derniers chiffres publiés, qui portaient sur mars 2010 : 3,5 millions pour la télévision et 1,12 million pour Internet. Interrogé, le câblo-opérateur n'a pu indiquer si ces chiffres étaient ou non comparables. De fait, face à Orange, SFR et Bouygues Telecom, qui ont dopé leurs ventes d'abonnement ADSL en ajoutant du téléphone mobile au « triple play » (Internet, TV, téléphone), Numericable a fait très peu de publicité. Et la moindre taille de son réseau de boutiques le pénalise, face à ces concurrents.InflexionDe leur côté, les revenus sont aussi en recul. Sur les 8 premiers mois de 2010, le chiffre d'affaires est en baisse de 4 % à 602 millions d'euros. Et pour l'exercice 2010, une prévision de 900 millions a été donnée. « Cette décroissance est due au faible revenu par abonné, aux désabonnements élevés, et aux recrutements faibles enregistrés dans le passé », indique la présentation faite aux créanciers. Toutefois, le câblo-opérateur a assuré constater une inflexion. En septembre, le solde de clients est enfin redevenu positif, les recrutements dépassant les désabonnements, dont le taux est tombé à 16 %, contre plus de 20 % début 2009. Les offres lancées en août, notamment celle à 39,90 euros, aurait permis de faire remonter la facture par abonné. Mais ces recrutements ont été soutenus par une importante campagne publicitaire à l'été 2010, avec le slogan « Prenez le pouvoir », qui a pesé sur la rentabilité. Sur les 8 premiers mois de 2010, l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) recule de 7 % à 314 millions d'euros. Pour l'exercice 2010, la prévision d'Ebitda a été révisée à la baisse : 470 millions, au lieu de 511 promis initialement, officiellement en raison de ces dépenses marketing. Ratios de la dette Effet collatéral vis-à-vis des créanciers de cette baisse de la rentabilité : elle a entraîné, à partir du printemps, une hausse du ratio d'endettement (la dette nette rapportée à l'Ebitda), qui ne doit pas dépasser un certain plafond fixé par les clauses de la dette (« covenants »). En cas de dépassement, la dette doit être soit remboursée, soit renégociée - un exercice laborieux qui a déjà eu lieu il y a un an. En pratique, Numericable s'est remis à tutoyer depuis le printemps le plafond autorisé. À fin juin, son ratio était de 5,97, très proche du plafond de 6. Et à fin septembre, le ratio était à nouveau juste en dessous du plafond de 5,95.« Les ratios vont rester serrés », a admis la société devant ses créanciers, promettant toutefois qu' il n'y « avait pas de risque de violation des clauses à court terme ». En effet, elle a assuré pouvoir « surveiller de près les ratios en contrôlant les dépenses marketing ». En clair, elle assure pouvoir, en jouant sur ses campagnes marketing, se placer chaque trimestre juste en dessous du plafond autorisé.
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