ENTRETIEN – L’actrice allemande Diane Kruger présidera à partir de demain le Festival du film francophone d’Angoulême. Elle compte bien y faire valoir ses goûts éclectiques et sa sensibilité.Son été aura été plus farniente que studieux. Diane Kruger devait pourtant donner la réplique à Mads Mikkelsen dans un film de science-fiction signé Fernando Szurman, mais le tournage a été reporté à la rentrée. « Cette annulation est super bien tombée, j'ai passé trois mois avec ma fille à me balader dans toute l'Europe », raconte à l'autre bout du fil la comédienne allemande dans un français impeccable.
À partir du 25 août, Diane Kruger reprend du service comme présidente du Festival du film francophone d'Angoulême. Une invitation qui fait sens tant l'ex-mannequin à la carrière internationale (Troie, Inglourious Basterds, Les Linceuls) entretient un lien privilégié avec le cinéma français - elle a notamment tourné avec Cédric Klapisch, Guillaume Canet, Fabienne Berthaud... Un pied à Hollywood, un pied en France et en Europe. Interview.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Présidente de festival, c'est une première dans votre carrière. Comment appréhendez-vous ce nouveau rôle ?
DIANE KRUGER — Avec curiosité et beaucoup de plaisir. Je me suis renseignée sur les films en compétition, mais je n'ai pas trop approfondi. Je veux venir avec le cœur ouvert. C'est comme ça aussi que j'aime découvrir un scénario. Je ne lis jamais les notes d'intention. J'aime me laisser surprendre.
Présidente, c'est aussi une responsabilité. Il faut arbitrer entre les sensibilités et les points de vue au sein du jury et ce n'est pas toujours simple, notamment quand il s'agit de décerner les prix d'interprétation. Je l'ai vécu dans d'autres festivals : parfois un président ou les membres du jury n'aiment pas un film ; résultat, les actrices et les acteurs sont oubliés. Un film peut susciter des débats, mais il ne faut pas s'interdire de saluer la performance des comédiens et des comédiennes. Je serai sensible à cet aspect.