Élodie Bouchez : « Je me fiche de la question morale »
propos recueillis par Alexis Campion
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« La Tribune Dimanche » a rencontré Élodie Bouchez.
LTD/Matias Indjic/Charlette Studioeuters
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« La Tribune Dimanche » a rencontré Élodie Bouchez.
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Elle aborde le cap de la cinquantaine intacte, avec sa voix et son sourire d'exception inchangés. Et toujours cet air d'adulescente volontaire et timide, charmeur en diable... Élodie Bouchez a pourtant de la bouteille, comme on dit. Le péril vieux, déjà ? « C'est un enjeu pour une comédienne mais cela ne me fait pas peur, j'ai été super contente des rôles de mère que j'ai eus dans L'Amour ouf, dans Simone, dans les films de Jeanne Herry. Mais ce qui compte vraiment, c'est le projet lui-même. »
Aujourd'hui à l'affiche de Dis-moi juste que tu m'aimes, d'Anne Le Ny, elle est aussi attendue dans Enzo, ce film que Laurent Cantet, juste avant de mourir, a demandé à Robin Campillo de réaliser à sa place à La Ciotat. On la verra aussi dans Ma famille chérie, psychodrame familial d'Isild Le Besco, et dans Les Rives du fleuve, adaptation par Guillaume Nicloux pour France 2 du livre Les Fossoyeurs, sur le scandale de la maltraitance dans les Ehpad. Rencontre.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Depuis quelques années, on a le sentiment que vous êtes de retour. Il y a eu Pupille en 2018, Simone, Le Consentement ou encore L'Amour ouf. On a la sensation que vous vous étiez éloignée du public...
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ÉLODIE BOUCHEZ — Complètement. Moi aussi ! Comment dire ? Je suis passée par une période où j'avais moins de projets correspondant à ce que j'avais envie de faire, mais aussi à l'âge que j'avais. Il y avait une espèce de dichotomie entre la maturité dans laquelle je me trouvais et cette image encore très ancrée de la jeune fille que j'ai été et que j'ai représentée très fort au cinéma dans Les Roseaux sauvages et La Vie rêvée des anges. Je me l'explique comme ça. Je suis sortie un peu de l'œil des médias et des salles de cinéma. C'est à ce moment-là que je suis entrée au cœur de mon travail d'actrice au théâtre, d'abord avec Sylvie Testud dans Gamines, une expérience géniale, puis au Théâtre de la Ville où je viens de jouer dans Le Songe d'une nuit d'été, mon quatrième spectacle avec Emmanuel Demarcy-Mota. C'est pour moi un engagement fort, commencé en 2010 avec Casimir et Caroline d'Ödön von Horváth, avec des tournées exaltantes dans le monde entier à Séoul, à Moscou, aux États-Unis. Mais ça, c'était avant le Covid...
propos recueillis par Alexis Campion
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