Julia Ducournau, de chair et de marbre
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Julia Ducournau devant le Palais des festivals, le 20 mai, à Cannes.
LTD/JP PARIENTE/SIPA
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Julia Ducournau devant le Palais des festivals, le 20 mai, à Cannes.
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Sur le toit-terrasse d'un des hôtels de luxe de la Croisette, elle enchaîne les interviews et les cigarettes fines. En cinéaste habituée à susciter des réactions tranchées, Julia Ducournau vit ainsi l'un de ces lendemains de projection bigarrés où louanges et critiques acerbes se confondent. « Tant qu'il y a du débat, je suis contente, balaie-t‑elle. Le débat engendre de la pensée et du questionnement, et l'art ne sert qu'à cela. Moi, je n'ai aucune réponse à donner à travers mon film : on ne crée pas pour s'attirer l'unanimité, on essaie juste d'exprimer quelque chose d'extrêmement personnel dans l'espoir qu'une personne au moins soit touchée. »
Ce mercredi à Cannes, cela n'a pas loupé : étrillée par certains, applaudie par d'autres, la cinéaste de 41 ans adepte du film de genre gore et de la mutation des corps n'a laissé personne indifférent. Celle qui avait été encensée en 2016 pour son percutant premier film « cannibale », Grave, avant de remporter la Palme d'or en 2021 pour le transhumaniste Titane, livre avec Alpha non seulement l'œuvre la plus radicale de la compétition officielle mais certainement son film le plus sombre.
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Lors d'une soirée arrosée où la jeune Alpha se fait tatouer avec une seringue suspecte, on plonge dans la vie d'une famille monoparentale composée d'une mère médecin et sans prénom (Golshifteh Farahani), de sa fille Alpha (Mélissa Boros) et d'Amin (Tahar Rahim, impressionnant), son oncle toxicomane et malade. À travers les yeux de la petite fille à deux époques différentes (à 5 ans et 13 ans), on pénètre dans un monde de chaos et de poussière, dévasté par une épidémie qui ressemble à celle du sida dans les années 1980-1990.
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