L’insolent succès des artistes belges, Emily Blaine en série, l'errance médical d’Henri Sannier... Notre sélection écrans de la semaine
Rémi Jacob

Découvrez notre sélection écran de la semaine.
LTD/Gedeon Programmes ; Elephant Group
Rémi Jacob

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Chanteurs, acteurs, dessinateurs ou humoristes, une véritable « belgomania » agite depuis quelques années le monde culturel français. Un phénomène dont s'empare avec malice le très concerné Alex Vizorek dans un documentaire diffusé vendredi 7 février sur France 3. Le ton est donné dès le générique, où l'on découvre la tour Eiffel repeinte en noir, jaune et rouge, la statue de la Liberté transformée en Manneken-Pis, et l'Arc de triomphe éclipsé par un cornet de frites.

« Comment avons-nous réussi à vous conquérir l'air de rien ? C'est ce que nous allons voir... », prévient le narrateur. Cent dix minutes plus tard, la promesse est parfaitement respectée, grâce à de nombreuses archives et aux précieux témoignages d'artistes made in Belgium comme Lio, Axelle Red, Pierre de Maere, Philippe Geluck ou encore Nawell Madani, qui s'amuse sur scène de l'accent belge, « pas très sexy » à ses yeux. « Avez-vous déjà vu un porno belge ? » interroge-t-elle.
On mesure le chemin parcouru par les artistes belges après des décennies de mépris - à quelques rares exceptions près, comme Jacques Brel -, dont le chanteur Adamo se fait l'écho. « J'ai eu affaire à des personnes qui me parlaient avec un peu de dédain, croyant même que je n'étais pas assez malin pour me rendre compte qu'ils étaient condescendants. »
Aujourd'hui, nos voisins du Nord tiennent leur revanche, comme l'illustre la « hype » autour de Stromae ou d'Angèle. Égérie de la génération Z, la chanteuse engagée et féministe est devenue un phénomène pop et la meilleure ambassadrice du « plat pays ». Elle s'est même payé le luxe d'exporter des belgicismes sur les plateaux français lors de la promotion de ses albums Nonante-Cinq et Brol, qui signifie « bazar ».
Ce documentaire coloré et réjouissant permet également de mieux comprendre les différences entre Belges et Français dans leur façon de travailler, et c'est Benoît Poelvoorde qui en parle le mieux. « En France, sur un tournage, s'il y a un problème avec une bagnole qui est dans le cadre, le réalisateur va commencer à gueuler sur le premier assistant, qui va prendre son talkie-walkie et gueuler sur le deuxième assistant, et ainsi de suite. À la fin, on arrive au régisseur, à qui on va dire : "Enlève cette putain de bagnole." Alors que chez nous, au lieu de chercher qui est responsable, on la bouge ! »
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Si vous ne goûtez guère les comédies romantiques, passez votre chemin car vous risqueriez de voir flou. Mais, pour les autres, cette série devrait vous accrocher. Dear You est l'adaptation de la saga du même nom d'Emily Blaine, reine de la romance moderne à la française, avec plus de 600 000 ventes au compteur chez Harper Collins. Au menu : 15 épisodes de vingt-deux minutes réalisés par Julien Carpentier, qui avait signé l'an passé La Vie de ma mère, un attachant premier film avec Agnès Jaoui et William Lebghil.

Dans cette « romcom » - contraction de romantic comedy - disponible sur Prime Video dès le 7 février, on suit les aventures d'Alma, une jeune Parisienne à la vie amoureuse un brin complexe. Sa profession : guest relation manager au Folie, un palace de la capitale. Comprendre : la personne chargée de choyer les clients VIP pendant leur séjour. Parmi eux, Alex, un millionnaire à la plastique avantageuse - dont il n'a que trop conscience - qui a fondé Dear You, une application sur laquelle les utilisateurs « matchent » sans photo et uniquement sur la base de goûts communs.
Même si elle tire parfois à la ligne, cette série surprend agréablement par sa fraîcheur et sa modernité, avec des thématiques parfaitement en phase avec le quotidien des jeunes adultes (les influenceurs, le rapport aux applications de rencontre, etc.). Le tout porté par un casting d'acteurs peu connus mais très talentueux, à l'image de Carla Poquin, dans le rôle d'Alma. Star sur TikTok, où elle comptabilise 1,5 million d'abonnés avec ses vidéos humoristiques, la jeune femme de 25 ans décroche ici son premier rôle principal et séduit avec son jeu extrêmement juste. Une comédienne à suivre.
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C'est le récit d'une longue errance médicale. Celle d'Henri Sannier, ancien présentateur des JT d'Antenne 2 et de l'émission Tout le sport sur France 3. À 77 ans, le journaliste publie ce mercredi 5 février, aux Éditions du Rocher, Le jour où j'ai réappris à marcher. Un livre à cœur ouvert dans lequel il se confie sur la polyradiculonévrite. Cette maladie auto-immune du système nerveux, ses médecins ont mis deux ans à l'identifier, alors que ses membres se paralysaient tour à tour, au point de ne plus bouger. Mais pas question pour ce compétiteur de baisser les bras et de perdre le combat. Une fois le diagnostic établi, et après de longs séjours à l'hôpital et en centre de rééducation, il est parvenu à remiser son fauteuil roulant. Aujourd'hui, il peut même remonter sur un vélo, sa grande passion qu'il a transmise aux téléspectateurs du Tour de France pendant des années. Un témoignage puissant et plein d'espérance porté par cette figure attachante du PAF.

Rémi Jacob