L’IVG avant 1975, une soirée spéciale Sharon Stone, le retour de Severance... Notre sélection écrans de la semaine
Rémi Jacob

Découvrez notre sélection écrans de la semaine.
LTD/1992 STUDIOCANAL ; France TV/INA ; Apple TV
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« Il suffit d'écouter les femmes. » Ces paroles célèbres ont été prononcées le 26 novembre 1974 au perchoir par Simone Veil lorsqu'elle défendait sa loi sur l'interruption volontaire de grossesse. Sept semaines plus tard, le 17 janvier 1975, la promulgation de ce texte venait mettre fin à des siècles de drames. Ces mots passés à la postérité ont été choisis par l'Institut national de l'audiovisuel (INA) pour baptiser son projet tentaculaire de recueil de témoignages de femmes ayant avorté clandestinement dans la France d'après-guerre.
« On l'a fait dans le cadre de notre collection d'entretiens patrimoniaux dont le but est de récolter des paroles périssables avant qu'il ne soit trop tard, explique Isabelle Foucrier, productrice à l'INA et coordinatrice du projet. L'histoire de l'avortement clandestin sous le prisme de l'action militante avait déjà été beaucoup racontée. Mais on n'avait jamais documenté le vécu concret de ces femmes qui ont dû affronter la peur de mourir, la douleur et la honte. » Une démarche d'autant plus nécessaire que, partout dans le monde, de la Pologne jusqu'aux États-Unis, ce droit tend aujourd'hui à être remis en question.
Sous la supervision de l'historienne Bibia Pavard, spécialiste du sujet, un appel à témoins a été lancé fin 2023 sur les réseaux sociaux et dans la presse -quotidienne régionale. Avec à la clé une vague de 400 réponses. « Là où ça a été plus difficile, c'était pour les territoires d'outre-mer, où le silence est assourdissant. » Au final, 79 entretiens d'environ une heure et demie ont été effectués à domicile. « C'était important de le faire chez elles, car on n'avortait pas de la même façon quand on habitait dans une ferme à la campagne ou au cœur du Quartier latin. »
Quinze de ces témoignages sont compilés dans un documentaire réalisé par Sonia Gonzalez - avec la voix d'Ana Girardot - diffusé ce mardi à 21 h 05 sur France 5. On peut y découvrir l'histoire de Denise (91 ans), Marie-France (78 ans), Huguette (84 ans), Colette (85 ans) ou encore Maguy (80 ans), ainsi que celle d'enfants, de maris et d'aidants. Mais également d'une certaine Christiane Taubira, qui révèle pour la première fois avoir subi un avortement clandestin (« On était persuadés que je ne survivrais pas », raconte-t‑elle).
Un documentaire poignant à ne pas louper, avant de découvrir en librairies le 22 janvier un ouvrage rédigé sous la plume de Léa Veinstein (Il suffit d'écouter les femmes, -éditions Flammarion). Le même jour sortira un podcast réalisé par Julie Auzou entremêlant ces témoignages avec de la fiction. Des formats courts seront également proposés sur les réseaux sociaux de l'INA jusqu'à mi-février.
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Il suffit d'écouter les femmes, mardi à 21 h 05 sur France 5.

En un jeu de jambes, elle fut estampillée « sex-symbol » à son corps défendant. C'est peu dire que, pour Sharon Stone, il y a eu un avant- et un après-Basic Instinct, qui affola la Croisette au printemps 1992 lors de sa présentation. Arte met à l'honneur ce dimanche l'actrice américaine de 66 ans avec une soirée spéciale.
Au menu : la diffusion de ce film culte de Paul Verhoeven dans lequel elle donne la réplique à Michael Douglas, suivi d'un brillant documentaire de 52 minutes qui revient sur sa trajectoire hors norme, celle d'une comédienne libre et au caractère bien trempé qui a dû batailler pour s'imposer dans l'univers patriarcal de Hollywood et se défaire de cette image stéréotypée qui lui a tant collé à la peau. « Ma plus grande réussite, c'est d'avoir survécu, glisse-t‑elle. Ce n'est pas rien de survivre dans un tel milieu. »
On découvre son histoire, semblable à celle de millions d'autres femmes « mais avec un métier qui offre plus de visibilité », explique-t‑elle. Réalisé par Nathalie Labarthe et narré par Julie Gayet, ce portrait raconte avec brio et tout en archives comment ce féminisme - profondément ancré en elle - a guidé nombre de ses choix. Du fond de sa Pennsylvanie natale jusqu'aux studios de Los Angeles, on prend la mesure du combat qu'elle a dû livrer pour s'imposer dans ce monde d'hommes.
Sharon Stone - L'instinct de survie, de Nathalie Labarthe, aujourd'hui à 23 h 05 sur Arte et Arte.tv. Et aussi Basic Instinct, de Paul Verhoeven, à 21 heures sur Arte.

C'est l'une des meilleures séries proposées par la marque à la pomme sur sa plateforme de streaming. Après plus de deux ans d'attente, due à la grève des scénaristes de Hollywood, la saison 2 de Severance sera disponible dès vendredi.
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Créé par Dan Erickson et réalisé par Ben Stiller, ce thriller de science-fiction propose une réflexion passionnante sur l'aliénation au travail. Avec au cœur de l'intrigue Mark Scout (photo), un manager d'une équipe dont les employés ont subi une opération chirurgicale séparant dans leurs têtes les souvenirs liés à leur vie professionnelle et à leur vie privée. La première saison avait à juste titre été nommée 14 fois aux Emmy Awards. Malgré quelques petits flottements scénaristiques, la deuxième nous régale en explorant les conséquences perverses de cette dissociation du cerveau.
Severance, saison 2. À partir de vendredi sur Apple TV+.
Rémi Jacob