ENTRETIEN — À l’ombre de ses sœurs aînées puis dans ses premières expériences de mannequin, Laurence Arné a su affirmer petit à petit son caractère avant de trouver sa voie sur les planches puis au cinéma.Elle vient d'attacher sa bicyclette rue Notre-Dame-des-Champs dans le 6e arrondissement de Paris, devant le Lucernaire*, lieu qui lui est cher car c'est ici que l'étudiante de l'université d'Assas a commencé à griffonner ses premiers sketchs sur des feuilles quadrillées. Avec pour ambition, un jour, de monter sur scène afin de se faire entendre. Car pour la native d'Angoulême, benjamine surnommée « Bébénouche » par ses deux grandes sœurs, ce fut bien difficile de trouver sa place. Pourtant, elle ne fait pas partie de ces « filles de ».
Avec une mère prof de tennis et un père négociant en vins souvent absent mais très aimant, Laurence Arné a toujours aspiré à une vie sans entraves. En 2012, elle joue la nymphomane sur Canal+ dans la série WorkinGirls, puis en 2016, se révèle avec un premier rôle dans le film Radin où elle donne la réplique à Dany Boon (avec lequel elle vivra jusqu'à cet été une belle histoire d'amour). En ce début d'année, elle monte sur les planches aux côtés de Clovis Cornillac dans la pièce Mur/Mure. Des murs ? Elle s'en est pris comme tout le monde. Mais la quadra se sent-elle enfin « mûre » ?
LA TRIBUNE DIMANCHE — À 42 ans, vous vous sentez « mûre » ?
LAURENCE ARNÉ — Pas spécialement. En revanche, j'ai accepté de transformer les événements douloureux en positif. Parce que ces moments qui auraient pu me mettre à terre sont de merveilleuses sources d'inspiration pour l'écriture. La création m'est vraiment réparatrice. Récemment, j'ai assisté à une conférence de Charles Pépin sur son bouquin Vivre avec son passé. Comment faire de son passé une force d'avenir ? Selon lui, il faut le retransformer pour mieux avancer. J'essaie de transmettre cette philosophie de vie à mon fils de 12 ans. Quand une situation ne lui convient pas, je lui dis qu'il faut agir - certes toujours dans la douceur et la bienveillance -, il ne faut pas subir. À son âge, j'étais trop timide pour m'imposer. Et j'aurais aimé avoir cette baguette magique pour optimiser les situations ou les rapports humains.
Joséphine Simon-Michel (propos recueillis)