Scission de Vivendi : Canal+ dégringole en Bourse à Londres
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La scission de Vivendi devient effective ce lundi avec la cotation de trois nouvelles entités en Bourse : Canal+, Havas et Louis Hachette Group.
Charles Platiau
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La scission de Vivendi devient effective ce lundi avec la cotation de trois nouvelles entités en Bourse : Canal+, Havas et Louis Hachette Group.
Charles Platiau
La scission de Vivendi, géant français des médias et de l'édition sous le contrôle du milliardaire Vincent Bolloré, devient effective ce lundi. Avec notamment la cotation de trois nouvelles entités en Bourse : à Londres, Amsterdam et Paris. Dans le détail, depuis 9 heures, le groupe de télévision Canal+ a été introduit au London Stock Exchange, Havas (communication) à Euronext Amsterdam et Louis Hachette Group (Hachette Livre, Relay, Europe 1, JDD, Voici, Géo...) à Paris sur le marché Euronext Growth, régulé mais non réglementé.
Mais le début est douloureux pour Canal+ qui chute de plus de 12% pour sa première cotation à Londres. Néanmoins, le titre de Louis Hachette Group a, pour sa part, réussi son entrée. Il évolue en hausse de plus de 28% lundi dans les premiers échanges. Vers 8H15 GMT (09h15 à Paris), l'action du groupe atteignait 1,44 euro, soit une hausse de 28,57% par rapport au prix de départ fixé à 1,12 euro.
Les premiers échanges boursiers sont scrutés. Mais « c'est le long terme qui importe », estime une source proche de Vivendi qui prédit au départ une grande volatilité. Maxime Saada, patron de Canal+, ne s'attend pas, de son côté « à ce que le cours de l'action » qui le concerne « suive un chemin pavé de roses les premières semaines, les premiers mois ».
Pour le reste, la holding elle-même demeure en Bourse à Paris, et son cours doit s'ajuster. Pour une action Vivendi détenue avant scission, ont été allouées une action Canal+, une Havas et une Louis Hachette Group, et l'action Vivendi est conservée. A terme, Vivendi devrait sortir du CAC 40.
Pourquoi cette opération ? Le cours du groupe « ne reflétait pas la véritable valeur de ses actifs », a rappelé Yannick Bolloré, fils de Vincent Bolloré et président du conseil de surveillance de Vivendi. Ce qui constituait « un handicap pour nos actionnaires et pour le développement de nos activités ».
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La première étape a ainsi été franchie avec succès lundi dernier : le projet de scission a été plébiscité par les actionnaires, à plus de 97%. Selon le président du directoire, Arnaud de Puyfontaine, « un nouveau chapitre de son histoire » s'ouvre pour Vivendi, « tout en restant fidèle à ce qu'il est ».
Vivendi, qui comptait quelque 73.000 employés fin 2023, était valorisé vendredi près de 8,55 milliards d'euros à la clôture. Le pari est donc que la somme des quatre valeurs indépendantes soit bien supérieure. Fin octobre, Yannick Bolloré avançait une valorisation de l'ensemble « autour de 16 milliards » d'euros, dont 6,8 milliards pour Canal+, 3,4 milliards pour Havas, 2,1 milliards pour Louis Hachette Group et 4,5 milliards pour Vivendi. Mais les analystes prévoient en-deçà pour les prochains jours. L'opération « n'apporte aucune certitude », considérait en novembre la société de gestion Phitrust. Celle-ci craignait notamment « une décote de holding » pour Vivendi, qui va continuer de gérer diverses participations minoritaires ainsi que l'éditeur de jeux vidéos Gameloft détenu à 100%.
Par ailleurs, la scission a fait bondir certains petits actionnaires qui craignent d'y perdre et de voir Vincent Bolloré, qui a pris la tête de Vivendi depuis 2014, renforcer son contrôle. Le groupe Bolloré était jusqu'à lundi actionnaire de référence de Vivendi à hauteur de 29,9%, et va atteindre environ 31% dans les nouvelles entités. Le fonds activiste CIAM (0,025% du capital de Vivendi) poursuit ses recours en justice pour obtenir l'annulation de la scission, qui selon ses responsables « contourne la loi sur les offres publiques d'achat obligatoires ».
Devant les actionnaires, les dirigeants de Vivendi ont défendu leurs choix, affirmant qu'il n'y avait pas « d'autres alternatives ». Ainsi pour Canal+ à Londres, « la stratégie est clairement d'emmener le groupe vers l'international » et de permettre une « visibilité accrue sur les marchés anglophones », a souligné Yannick Bolloré. Deux tiers des abonnés sont déjà hors de France, et cette proportion a vocation à s'accroître avec l'offre publique d'achat lancée sur le géant sud-africain de la télévision MultiChoice.
Signe de l'espoir mis en Canal+, côté britannique : la ministre des Finances Rachel Reeves a reçu vendredi le patron de Canal+.
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Concernant Havas, la place d'Amsterdam a été sélectionnée pour la possibilité d'y créer une fondation permettant de l'abriter d'une éventuelle OPA hostile et ainsi de rassurer ses équipes. Les sièges sociaux resteront en France, sauf celui d'Havas. Les sociétés seront toutes résidentes fiscales françaises.
(Avec AFP)
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