Il penche vers la soixantaine déjà, et plutôt en beauté. Avec son physique d'acrobate et sa gueule creusée, Vincent Cassel a su cultiver un style à part dans le cinéma français et même international comme on le vérifie aujourd'hui avec Les Linceuls, du maître canadien David Cronenberg, où il joue un businessman acquis aux technologies les plus avancées mais soudain confronté à des hypothèses complotistes déstabilisantes...
Au même moment, sur Netflix, on le retrouve en DJ ringardisé malgré lui dans la comédie Banger au côté de Laura Felpin. Il nous répond depuis le Brésil où il a vécu cinq ans et où il séjourne actuellement du côté de Rio avec sa compagne, la mannequin Narah Baptista, et leur bébé de 3 mois, Caetano. L'acteur nous annonce au passage deux projets excitants. Il jouera bientôt sous la direction d'Asghar Farhadi auprès de Virginie Efira et d'Isabelle Huppert, et en fin d'année dans le prochain Ladj Li, produit par Dimitri Rassam, consacré au père métis d'Alexandre Dumas...
LA TRIBUNE DIMANCHE - Qu'avez-vous ressenti en découvrant le scénario des Linceuls, que Cronenberg qualifie lui-même de « macabre, pervers et grotesque » ?
VINCENT CASSEL - J'ai d'abord ressenti le poids de la mort, de la disparition de l'être cher. À la deuxième lecture, j'ai commencé à me marrer, à y voir un côté comédie... David m'a alors confirmé qu'il y aurait des moments légers. Quoi qu'il en soit, quand on participe à un film, c'est toujours très difficile de le voir pour ce qu'il est réellement, surtout celui-ci avec son côté décalé et ses extrapolations déroutantes, toutes les hypothèses complotistes énoncées par les personnages. Même si bien sûr le vrai sujet c'est ce qu'on fait quand on est seul et qu'on n'accepte pas sa mort.