Circus Baobab : l'acrobatie est un sport de combat
ARMELLE HÉLIOT

« Yongoyély », la dernière création de la compagnie Circus Baobab.
LTD/Thomas O’BRIEN
ARMELLE HÉLIOT

« Yongoyély », la dernière création de la compagnie Circus Baobab.
LTD/Thomas O’BRIEN
Elles et ils sont époustouflants. Quand on a eu la chance d'assister à l'un de leurs spectacles, on est galvanisé pour longtemps. Circus Baobab n'est pas une compagnie de spectacle comme les autres. Il s'agit d'un collectif d'artistes de Guinée et de la diaspora créé en 1998.
L'originalité de Circus Baobab est de s'appuyer sur les formes traditionnelles, toujours vivantes lors des fêtes de l'ouest du continent, et de mettre au point des écritures nouvelles. L'histoire est longue et Circus Baobab a eu des concepteurs, des soutiens, audacieux et fidèles, de l'Afrique à l'Europe, et l'on songe notamment aux amis d'Archaos.
En 2021, une nouvelle impulsion a été donnée à la compagnie, et depuis on ne cesse d'être bluffés par leurs créations. La dernière, Yongoyély, a reçu un accueil enthousiaste à la biennale de Marseille et deux prix prestigieux au festival international de Monte-Carlo.
Ce qui est passionnant avec Circus Baobab, c'est que la prouesse est la traduction d'une pensée. Tous les langages du cirque sont utilisés : banquine, barre russe, voltige, mât chinois, fouet, portés acrobatiques main à main, acrobaties au sol. Ajoutez à cela les danses traditionnelles, des chants, des paroles, et vous assistez à un moment de vitalité, de beauté, mais de lucidité aussi. Ici, l'engagement des corps, c'est l'engagement des consciences.
Dans Yongoyély, on nous parle du sort des femmes, de l'excision qui est loin d'avoir disparu, on nous montre le courage de ces artistes qui sont des êtres engagés dans des combats pour toutes et tous. Ici, nul n'oublie le rire, l'amitié. Souvent drôles, insolents, espiègles, les artistes de Yongoyély, hommes comme femmes, nous enchantent. C'est magnifique et cela donne des ailes.
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ARMELLE HÉLIOT