Livre : Emmanuelle Favier écoute les tempêtes
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Dans « Écouter les eaux vives », Emmanuelle Favier ne se contente pas de transporter ses lecteurs : elle les apaise.
LTD/Albin Michel
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Dans « Écouter les eaux vives », Emmanuelle Favier ne se contente pas de transporter ses lecteurs : elle les apaise.
LTD/Albin Michel
Il est des lectures tumultueuses et enténébrées qui vous transportent, vivifient et apaisent, comme lorsqu'enfin arrive la morte-eau après une spectaculaire grande marée. Le dernier roman d'Emmanuelle Favier est de ces livres-là. Adrian Ramsay, sous-marinière écossaise, est « oreille d'or » dans un lanceur d'engins de la Royal Navy.
Elle a la charge d'identifier les bruits des profondeurs pour permettre à la « boîte aveugle » de se repérer dans l'obscurité des fonds marins. « Adrian écoutait les symptômes de la mer comme le médecin du bord écoutait le cœur des marins », écrit Emmanuelle Favier, virtuose des sensations, qui s'est intensément documentée pour rendre compte du quotidien de l'équipage d'un sous-marin nucléaire.
Fuyant le « monde des vivants », Adrian chérit ces moments passés sous la mer, périodes d'intense promiscuité et pourtant d'une salvatrice solitude, rythmées par les procédures permettant de se faire invisible et inaudible des navires voisins. Comme son sous-marin, elle aspire à se diluer dans l'océan.

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À terre, elle perd vite pied et ne désire que la mission suivante. Ce sera un voyage diplomatique à Brest, où elle va croiser la route d'Abel Lorca, un aveugle ayant choisi « un érémitisme inspiré de Diogène ». Le Breton né d'une mère espagnole qu'il n'a pas connue ne tolère dans sa maison isolée, balayée par les embruns, que la présence de son chat guide d'aveugle, un félin ébène nommé... Miel, et d'Arthur, qui passe quotidiennement lui lire de la poésie espagnole.