La tendance de l'été : tous à foil !
Alexandre Lazerges

Il est possible aujourd’hui de s’équiper avec du bon matériel pour environ 4 .000 euros.
LTD/Silence Foiling
Alexandre Lazerges

Il est possible aujourd’hui de s’équiper avec du bon matériel pour environ 4 .000 euros.
LTD/Silence Foiling
Qu'est ce qui fait décoller Emmanuel Macron pendant ses vacances depuis deux ans ? C'est le foil électrique de la société PWR-Foil (prononcer « power foil »), une planche de paddle équipée d'un foil en dessous, un aileron en forme de T inversé. Le chef de l'État a été immortalisé à son bord l'été dernier au fort de Brégançon. L'engin, doté d'un petit moteur électrique, peut évoluer au-dessus de l'eau jusqu'à 35 nœuds (66 km/h) et pendant une heure et demie.
« Nous avons été approchés par l'officier de sécurité qui a initié le président de la République, raconte Christophe Defrance, le PDG de la société. Emmanuel Macron a trouvé ça génial. Depuis, il se passionne pour le foil. Une vraie fierté pour une petite entreprise comme la nôtre. Il incarne notre client typique : peu de temps disponible pour ses loisirs mais un max de sensations souhaitées quelle que soit la météo. »
Alors que la planche à voile ou le kitesurf demandent un bon niveau technique et surtout du vent fort, le foil a complètement bouleversé les pratiques. Le véliplanchiste Bruno André est le premier à avoir adapté cet appendice en 2009, d'abord sur une planche à voile puis sur un paddle. « Je voulais pouvoir m'amuser sur l'eau même quand il n'y avait pas ou peu de vent, explique cet ancien metteur au point pour la marque AHD. Avec un paddle à foil, en quelques coups de pagaie, il devenait possible de voler sur l'eau et de se servir des vagues ou de la houle pour avancer les jours de pétole. »
Question : le foil va-t‑il remplacer le kitesurf, comme ce dernier a supplanté la planche à voile dans les années 2000-2010 ? Julien Leclerc, de New Sports France, le distributeur des marques Gaastra et Tabou, note un réel fléchissement des ventes d'articles de kitesurf : près de 25 %. Et une pratique du foil sous toutes ses formes en nette hausse : avec une voile et un mât (le windfoil), avec une aile gonflable (le wingfoil), et maintenant avec une voile de parachute façon kitesurf (la parawing).
Le prix des engins à foil devient de plus en plus accessible, il est possible aujourd'hui de s'équiper avec du bon matériel pour environ 4.000 euros, soit moitié moins qu'il y a dix ans. Les dériveurs volants voient même leur prix baisser avec l'arrivée de Ioda, le dernier-né du chantier Tocatec, à 11.000 euros contre 16. 000 pour le concurrent BirdyFish.
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Mais avant de passer à la caisse, « mieux vaut commencer par s'initier en club de voile pour voir la discipline qui vous plaît et vous convient le mieux entre les différents supports », souligne Bruno André, aujourd'hui à la tête de la structure de coaching Overhead Experience. Il compare volontiers les sports de glisse nautique au cyclisme : « Qu'ils soient musculaires ou à assistance électrique, il y a des vélos pour tous les goûts : de ville, de route, VTT, gravel... En matière de foil, c'est la même chose. »
Il existe même un vélo aquatique à foil à assistance électrique : le Manta5 XE-1. Le président de la République pédalera-t‑il cet été au guidon de cet engin futuriste et performant, devenant ainsi le nouveau « capitaine de pédalo », comme était surnommé François Hollande ?

Malgré les déboires financiers de la société néo-zélandaise Manta5, inventrice de l'e-bike aquatique à foils, l'italien Aquaride poursuit la distribution de cette machine à assistance électrique qui permet de voler sur l'eau en pédalant. Ce drôle d'engin un brin encombrant muscle les mollets en offrant des sensations de glisse inconnues avec un vulgaire aquabike de piscine. Seul bémol : la pratique nécessite un peu d'entraînement.

Ce modèle d'entrée de gamme de la société française PWR-Foil propose une planche gonflable en quatre minutes comme un paddle classique avec un long appendice en carbone de 85 centimètres doté d'un moteur. Cet e-foil made in France de la marque préférée du président Macron se manœuvre une télécommande à la main. « En moins d'une heure, on peut voler sur l'eau », assure le PDG, Christophe Defrance. Et en cas de chute de l'utilisateur, l'engin s'arrête automatiquement.
PWR-Foil Revo Air : 27 kilos, autonomie 1 h 30, 6 990 euros. pwrfoil.com

« C'est une révolution », s'enthousiasme Yann Floch, de la société Evo Sailing à Brest, distributeur du Ioda, nouveau dériveur volant construit par le chantier français Tocatec et vendu tout équipé avec son gréement et son chariot de mise à l'eau. Contrairement aux concurrents comme le Skeeta australien ou le BirdyFish français, plus exigeants, le maniement du Ioda est simplifié au maximum pour une navigation en solo mais procure des sensations inouïes. Décollage autour de 8 nœuds (15 km/h) avec des pointes possibles à 23 nœuds (42 km/h). Comme le cultissime Laser, ce dériveur se transporte facilement sur le toit d'une voiture.

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C'est la discipline, bien moins dangereuse, qui tend à remplacer le kitesurf. Même sensation de vitesse, mais il peut se pratiquer par vent faible. L'aile gonflable, légère et flottante, se tient à deux mains avec l'aide d'un harnais pour soulager l'effort. La planche se soulève alors doucement, offrant le plaisir de la glisse en souplesse au-dessus des vagues. Une pratique plus aisée que les planches à voile d'antan. Si le prix d'entrée a beaucoup baissé, compter autour de 4 .000 euros pour du matériel permettant de débuter et de progresser sereinement. On trouve même moins cher chez Decathlon.
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