ENTRETIEN CROISÉ — Soudées par une relation très fusionnelle, la décoratrice et sa fille photographe partagent le goût du beau et une passion pour Véronique Sanson. Radiographie d’une complicité mère-fille.Avec vingt-cinq ans d'écart, Sarah Poniatowski et sa fille cultivent une complicité sincère, sans jamais tomber dans la confusion des rôles. Proches sans être semblables, unies sans être égales.
Yasmine, 27 ans, aînée d'une fratrie de trois enfants, a attendu sa majorité pour prendre son envol, choisissant de partir à l'étranger afin de s'affirmer autrement que par son double patronyme : Lavoine Poniatowski. Artiste complète, elle se fait désormais connaître sous le pseudonyme « Lawski ». Anatomie d'un échange intime et complémentaire mère-fille.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Il existe parfois de la jalousie entre mère et fille. Ça vous parle ?
SARAH — Ça ne me traverserait jamais l'esprit ! Yasmine est une artiste complète. Photographe, réalisatrice, comédienne... Sur mes murs se mélangent quelques-uns de ses clichés avec ceux des plus grands professionnels. Pour moi, elle est au niveau de leur talent. Je n'ai envie que de la pousser.
Yasmine, cherchez-vous à la rendre fière ?
J'essaie de m'en éloigner. Si on passe notre vie à chercher la fierté de ses parents, c'est toxique et ça peut être un frein. Je veux simplement accomplir les choses pour moi.
Et davantage lorsque l'on a deux parents connus...
YASMINE — Ce n'est pas pour rien si je suis partie étudier à l'étranger. J'ai eu une chance immense d'être prise dans une école de théâtre à Londres, où le regard des autres élèves n'était pas le même qu'en France... Aujourd'hui, j'apprends la photographie à Athènes et c'est un grand accomplissement personnel. Franchement, je suis contente de ne travailler avec aucun de mes parents.
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel