ENTRETIEN — Elle est l’une des stars de « Nouveau Jour », la série quotidienne qui arrive sur M6. L’actrice, romancière et chanteuse revient sur sa vie, entre passion et mélancolie.Cette beauté ravageuse d'un mètre soixante-dix-neuf nous reçoit pieds nus chez elle à Montmartre. « Je suis désolée, j'ai laissé ma trousse de maquillage dans ma loge à Montpellier. Ça vous va si je reste comme ça ? » Naturelle, donc. Déroutante, surtout. Car à 56 ans, est aussi grand-mère d'un petit garçon de bientôt 5 ans. Le temps qui passe coule sur elle, comme le fleuve Tage au pays de la révolution des Œillets. On m'avait prévenue, elle ne souhaite pas parler de sa demi-sœur, Lio et du drame récent. Par pudeur et respect. Puis son histoire familiale est bien plus inspirante.
Celle de ses parents portugais anti-Salazar exilés en Belgique en 1968. Cette « fille de déracinés » naîtra un an plus tard. Il lui faudra plusieurs années pour comprendre la raison de sa mélancolie qui l'envahit inconsciemment depuis le premier jour de sa vie. Les Portugais ont un mot pour exprimer ce sentiment complexe où se mêlent mélancolie, espoir et nostalgie : saudade. Mais l'indomptable franche du collier revendique aussi une folie douce qui la rend encore plus attachante.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Mannequin, écrivaine, actrice, chanteuse... vous êtes tous talents. À vos débuts, certains disaient : « On ne comprend rien à ce qu'elle fait parce qu'elle fait tout. » Vous étiez blessée ?
HELENA NOGUERRA — Bien au contraire car j'ai toujours aimé ouvrir les portes fermées, combattre les a priori. Pour une fille comme moi, bac-3, qui a commencé à travailler en faisant commerce de sa beauté, vous pensez bien que ma destinée n'était pas joviale. On me disait qu'à 22 ans je serais foutue et que mon seul espoir serait d'épouser un millionnaire. Lorsque je suis arrivée au même âge chez M6 comme animatrice, j'entendais : « Les pin-up écervelées n'ont pas d'avenir. » Personne ne pouvait imaginer que cette « jolie idiote » était en réalité une redoutable guerrière !
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel,