Ce qu’on a écouté cette semaine : deux albums, deux ambiances

Cette semaine, on a écouté et adoré ces deux albums.
LTD/Jean-Baptiste Millot- Warner Benson

Cette semaine, on a écouté et adoré ces deux albums.
LTD/Jean-Baptiste Millot- Warner Benson
Remarqué, il y a cinq ans, pour son bel hommage jazzy à Ennio Morricone (More Morricone), le duo formé par le pianiste italien Giovanni Ceccarelli et son compatriote l'épatant contrebassiste Ferruccio Spinetti s'attaque cette fois à un autre compositeur de légende et de cinéma en la personne de Michel Legrand. Autour d'une sélection impeccable de thèmes parmi les plus connus comme la Chanson des jumelles en version toute facétieuse à deux pianos avec Enrico Pieranunzi, ou Le Cinéma interprété par un Jean Guidoni très en voix pour succéder à Claude Nougaro, l'album enjôle d'entrée par sa douceur évidente tour à tour grave et légère, mélancolique et malicieuse.

Ce parti-pris, élégant et intime à souhait, apaise autant qu'il actionne l'imaginaire... Et sa tonalité contemplative, suave et étirée comme une sieste en été, jalouse de ses silences comme de son minimalisme bienfaisant, sied à merveille aux vocalistes invités parmi lesquels Cristina Renzetti (The Windmills Of Your Mind), Camille Bertault (What Are You Doin The Rest Of Your Life), David Linx (I Will Wait For You) etc. De même la présence de David Lewis au bugle sur La Valse des Lilas confine au ravissement plus qu'à la démonstration et on s'y sent bien.
Le phénomène Benson Boone est partout. A peine un an après son tube planétaire Beautiful Things, sa voix résonne jusqu'à la Comédie française qui l'utilise dans Une Mouette, son spectacle du moment ! A se demander si ce jeune chanteur (23 ans) échappé de l'émission American Idol et de TikTok n'a pas inspiré, aussi, la mise en scène loufoque des Brigands à l'Opéra de Paris avec ses shorts pailletés, son énergie contagieuse, ses pirouettes arrière et son timbre poussé dans les tours façon Freddie Mercury... Léger, fougueux, tonitruant Benson Boone ne s'embarrasse de rien.

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Sa voix singulière et ses singles, qui se digèrent aussi vite qu'un sorbet vanille-fraise, rappellent des temps plus insouciants. Avec ses nouveaux titres ouvertement inspirés de Queen menant la danse et Olivia Newton-John vantant les vertus de la gymnastique (Mystical Magical, Sorry I'm Here For Someone Else, Mr Electric Blue...) le beau gosse a, surtout, le bon goût de ne jamais se prendre au sérieux. Et si, sur les réseaux sociaux, l'Amérique inquiète se demande s'il n'est pas « maga », on ne le croit guère. Son autodérision ne tricote rien de méchant. Elle est l'expression d'une époque qui peine à se réinventer, mais croit aux miracles d'une jeunesse rafraîchissante, complice et connectée.
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