Il s'excuse d'avoir « le cerveau un peu lent » en ce milieu d'après-midi. À l'autre bout du fil, Thomas Dutronc évoque ce qui ressemble à une petite gueule de bois consécutive à la fiesta donnée la veille pour son anniversaire. Trop de ratafia... Mais le chanteur-guitariste passionné de jazz manouche se prête volontiers à l'exercice de l'interview pour parler du coffret Françoise Hardy Blues - Intégrale Vogue 1962-1967.
Sur les routes depuis la sortie de son cinquième album (Il n'est jamais trop tard), Thomas Dutronc a trouvé le temps pour concevoir, avec Étienne Daho, le premier volet d'une anthologie consacrée à Françoise Hardy, disparue le 11 juin 2024. Un coffret luxueux, commercialisé à 2. 000 exemplaires, dans lequel on retrouve ses premiers classiques en vinyles (Tous les garçons et les filles, Mon amie la rose, L'Amitié...), mais aussi 19 chansons inédites, des extraits de concerts, sa première audition... Le tout restauré avec une qualité sonore à la pointe de la technologie.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Ce premier volet sort un an après la disparition de Françoise Hardy. Vous vouliez offrir un cadeau à son public ?
THOMAS DUTRONC - Ce n'était pas prévu au départ, mais on était prêts. C'est un bel hommage je trouve. Avec Étienne Daho, on s'est vite mis au travail, surtout Étienne d'ailleurs. Il est un fan hardcore de maman, comme moi de Django Reinhardt. Il connaît l'œuvre de maman mieux que moi... Finalement, je n'ai pas fait grand-chose. Il faut dire que c'était dur pour moi de réécouter toutes ses chansons. Trop d'émotions. Après trois titres, j'avais besoin de faire une pause. C'était quand même lourd, triste. Et comme ses chansons sont très belles et émouvantes, ça n'arrange rien. Elle chantait d'ailleurs la mort avec une grande subtilité.