Leïla Bekhti : « À Gaza, on vit une grande catastrophe du cœur »
Propos recueillis par Alexis Campion
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Leïla Bekhti, héroïne de « La Nouvelle Femme »
© DIAPHANA
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Leïla Bekhti, héroïne de « La Nouvelle Femme »
© DIAPHANA
Entière et blagueuse
dans la vie, instinctive et bosseuse dans son riche chemin d'actrice, Leïla Bekhti a plus d'un tour dans son sac. Mardi, lors de notre entretien, elle révèle soudain qu'elle a mis au monde son quatrième enfant en début d'année. Sans en faire un sujet, elle nous parle avant tout de son expérience singulière sur
La Nouvelle Femme
, le premier long-métrage de la réalisatrice Léa Todorov. Elle y incarne Lili d'Alengy, une Parisienne effrontément libre dans les années 1900, mais en difficulté avec sa fille déficiente mentale. Un sujet délicat dont elle porte avec brio la complexité à l'écran, et dont elle nous parle ici en toute sincérité, comme lorsqu'elle revient sur sa famille, ses valeurs et son indignation à propos de Gaza.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Qu'est-ce qui vous a attiré dans La Nouvelle Femme et en Lili d'Alengy, votre personnage de « mère honteuse » d'une petite fille inadaptée, Tina, interprétée par Rafaëlle Sonneville-Caby ?
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LEÏLA BEKHTI - Un rôle de composition qui, pour moi, est révélateur de la société. Lili a peur. Elle n'aime pas sa fille car elle ne la comprend pas. Je trouvais intelligente cette idée de refléter la société avec ce personnage qui est fictif, contrairement à celui de Maria Montessori, qui a réellement existé. Tout comme la société, Lili finira par s'intéresser à la différence de sa fille. Elle vit un parcours difficile, violent, car elle éprouve un vrai rejet. Mais elle va apprendre à aimer... À la lecture du scénario, je me suis dit qu'il y avait là des émotions que je n'étais jamais allée chercher. Je n'ai pas envie de jouer des femmes qui me ressemblent trop littéralement. En ce sens, Lili me confrontait, m'obligeait.
Propos recueillis par Alexis Campion