Nous sommes le 16 juillet 1942, à Paris, rue du Temple. Il est très tôt, 5 ou 6 heures du matin, on frappe violemment à la porte de l'appartement de la famille Reiman. « Police, ouvrez ! » Malka, la mère de famille, ouvre la porte. Elle fait face à deux policiers. Arlette, 9 ans, se lève pour voir. Ils tiennent une liste à la main : « On vient chercher votre mari ! » Malka répond : « Mais mon mari, vous l'avez déjà pris, il a été arrêté l'année dernière, il a été interné au camp de Pithiviers et maintenant nous avons reçu un document nous disant qu'il est parti pour une destination inconnue. » Les 16 et 17 juillet 1942, jours de la fameuse rafle du Vélodrome d'Hiver, 13 152 personnes dont plus de 4 000 enfants, en grande majorité français, sont arrêtés par la police parisienne. Presque tous seront déportés à Auschwitz et exterminés par les nazis. Ce jour-là, la France est le seul pays d'Europe où l'État et la police se chargent, sans le moindre soldat allemand ni milicien, de capturer et livrer en masse des Juifs aux nazis.