La longue marche de Sebastião Salgado
Daniel Schick
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Le Grand Palais accueille les œuvres du photographe brésilien Sebastião Salgado.
LTD/Sebastião Salgado
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Le Grand Palais accueille les œuvres du photographe brésilien Sebastião Salgado.
LTD/Sebastião Salgado
Les clichés de Sebastião Salgado sont souvent des gifles qui ne devraient pas être supportables. Toujours en noir et blanc, le photographe habille d'élégance toutes les abominations ou beautés du monde. Il le regarde et le raconte depuis plus de soixante ans. Le photographe humaniste a trouvé sa distance. Il photographie l'intimité de l'humanité, son inhumanité souvent, sans obscénité, avec bienveillance.
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Par ses compositions très esthétiques (esthétisantes diront certains), le globe-trotteur ne transforme pas le spectateur en voyeur assoiffé de sang et de hurlements. Il le maintient dans un périmètre de décence, très près mais pas trop près. Par la force graphique de ses photos, les nuances sophistiquées des noirs, des gris et des blancs de celles-ci, Salgado rend tolérable l'abominable. On a reproché à l'esthète aventurier de rendre beau l'insupportable comme la misère ou l'exode. Tant de peintres ont créé de beaux tableaux sur des sujets effroyables. Salgado compose une photo, travaille sa matière comme le fait un peintre.

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