À Damas, une transition de tous les dangers
Garance Le Caisne, envoyée spéciale à Damas et à Homs
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La Syrie entame une transition délicate vers un nouveau gouvernement.
LTD/Syrian Presidency/AFP
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La Syrie entame une transition délicate vers un nouveau gouvernement.
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Elle n'arrête pas de sourire. Deux mois et demi après la chute du régime de Bachar El-Assad, Yara Tuomeh continue de croire à un avenir prometteur pour son pays. Et s'étonne de soutenir, pour la première fois de sa vie, le pouvoir en place. Depuis toujours, la jeune femme de 30 ans s'était opposée au régime de Damas. « C'est un sentiment très bizarre de ne plus être dans l'opposition, confie-t-elle. J'aime l'idée d'avoir enfin confiance dans le gouvernement, même s'il est transitoire. »
Née à Baba Amr, quartier martyr de Homs, Yara Tuomeh était encore adolescente quand la révolution de 2011 a éclaté. Elle a vu tomber des amis sous les balles du régime. Dans le sud-ouest de la ville, Baba Amr sera plusieurs fois assiégé par les forces de sécurité, d'abord pour tenter de mettre fin aux insolentes protestations pacifiques puis pour déloger les rebelles armés de l'Armée syrienne libre. Les immeubles seront bombardés, détruits, forçant la majorité des civils à fuir.
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Aujourd'hui, Yara Tuomeh lutte contre la violence liée au genre au sein de la Child Care Society (Société de protection de l'enfance). Depuis la chute du régime, la jeune femme observe des familles, déplacées de force dans le nord-ouest du pays, revenir dans le quartier et s'entasser à plusieurs dans les appartements encore habitables. L'activiste féministe attend surtout avec impatience les prochains changements politiques. Un nouveau gouvernement doit être annoncé samedi prochain. « Ce serait merveilleux qu'il implique plus clairement les femmes, qu'il donne la priorité à la stabilité économique, la justice transitionnelle, le développement », espère-t-elle.
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