La chronique de Pauline Delassus. Avocate et féministe : impossible grand écart ?
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LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Leurs clients se nomment Julien Bayou, Frédéric Beigbeder, André Téchiné, Samuel Theis, Benoît Jacquot, Jacques Doillon, Nicolas Bedos... Me Marie Dosé et Me Julia Minkowski défendent à elles deux la quasi-totalité des Français célèbres mis en cause par MeToo. Avec un certain succès, puisque les poursuites engagées contre ces hommes ont pour plusieurs été classées sans suite. Deux ont échappé à la mise en examen et ont été placés sous le statut, plus favorable, de témoin assisté. Seul Nicolas Bedos à ce jour a été condamné.
Alors, peut-on être avocate et féministe? Peut-on défendre la présomption d'innocence et lutter contre les violences faites aux femmes? Oui, martèlent-elles. Rappelant un principe fondamental dont l'évidence est parfois maltraitée dans la révolution en cours: on est innocent jusqu'à preuve du contraire. Même un homme accusé de viol. Surtout un homme accusé de viol. « Nous défendons tous ceux qui [...] font appel à nous à un moment critique de leur existence », écrivent-elles dans Éloge de la présomption d'innocence (Les Éditions de l'Observatoire), paru mercredi.
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« Or jamais nous n'avons été la cible d'autant d'injures ou de menaces », ajoutent celles qui craignent « le vent mauvais du populisme, qu'il pousse de droite ou de gauche », dans « une société qui verrait s'opposer les gentils et les méchants, les bons et les mauvais ». En 200 pages, ces disciples d'Henri Leclerc et d'Hervé Temime confrontent « le principe de la présomption d'innocence à l'indispensable mouvement de libération de la parole ».