L’ancien président, en phase finale de son procès pour tentative de coup d’État, risque quarante-trois ans de prison. Les conservateurs se disputent déjà son héritage.Les heures s'étirent pour Jair Bolsonaro, cloîtré dans sa maison de 400 mètres carrés avec piscine au cœur d'un luxueux quartier fermé à une dizaine de kilomètres du centre de Brasília. Depuis début août, l'ex-président brésilien d'extrême droite vit sous assignation à résidence, sanctionné par la justice pour avoir bravé l'interdiction d'utiliser les réseaux sociaux.
Déjà privé de passeport et contraint depuis mi-juillet de porter un bracelet électronique, il s'est cette fois fait saisir son téléphone portable et ne peut plus recevoir de visite, hormis celles de ses avocats ou, sur autorisation, de membres du Parti libéral, dont il reste le président d'honneur. S'ajoute, depuis cette semaine, une surveillance permanente de son domicile afin de prévenir toute tentative de fuite à l'approche de son rendez-vous déterminant avec la justice.
À partir de mardi, le Tribunal suprême brésilien (STF) entamera en effet la phase finale du procès à l'encontre de l'ancien dirigeant de 70 ans, poursuivi pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir par la force après sa défaite à la présidentielle d'octobre 2022, qui avait consacré le retour de Lula. L'ex-capitaine de réserve est accusé d'avoir été à la tête d'une organisation criminelle qui aurait orchestré la tentative de coup d'État, et encourt jusqu'à quarante-trois ans de prison.
S'il nie tout projet de putsch, Jair Bolsonaro, entendu début juin par le STF, a reconnu avoir examiné les « options possibles » lui permettant de rester à la tête du pays, mais « sans sortir du cadre de la Constitution ». Il ne sera pas seul sur le banc des accusés : à ses côtés comparaîtront les sept autres membres de ce que la justice voit comme le noyau dur du complot putschiste, parmi lesquels d'anciens ministres et hauts gradés militaires.
Morgann Jezequel, correspondante à Rio de Janeiro