Rien n'arrête Benyamin Netanyahou, pas même l'état de famine déclaré à Gaza cette semaine par l'ONU. Alors que les services de santé du Hamas ont annoncé hier que huit personnes sont mortes de faim dans l'enclave, le Premier ministre israélien maintient son intention de lancer une grande offensive sur la ville de Gaza. Pour La Tribune Dimanche, l'ancien ambassadeur en France Daniel Shek revient sur cette nouvelle phase de la guerre, qu'il condamne fermement.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Le plan d'attaque sur la ville de Gaza, validé ce jeudi 21 août par le gouvernement Netanyahou, a-t‑il un sens, que ce soit militairement ou politiquement ?
DANIEL SHEK - Même si je ne suis pas le mieux placé pour évoquer la chose militaire, il faut se souvenir qu'au départ le chef d'état-major de l'armée y était opposé. Quant au volet politique, mon opinion est faite depuis longtemps : la guerre aurait dû et pu s'arrêter il y a plus d'un an. Cela aurait sauvé beaucoup de vies.
Les autorités affirment que cette offensive vise à éradiquer le Hamas...
Je ne comprends pas cette notion d'éradication du Hamas. Qu'est-ce que cela veut dire ? Tuer le dernier porteur de kalachnikov ? Après presque deux ans d'opérations militaires, on ne peut pas dire que le Hamas n'ait pas été décimé. Désormais, il n'y a plus véritablement de combats à Gaza. En revanche, il y a une destruction systématique de tout ce qui y reste encore debout. Je ne comprends ni la valeur militaire, ni la valeur politique d'un tel processus. Mon analyse est que cette guerre ne sert plus à rien, surtout qu'il reste encore 50 otages israéliens à Gaza.
Quel serait le meilleur moyen de les libérer ?